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  Isaac Book





F-Chapter 20

Page: 288-304

CHAPITRE XX

On propose de rétablir le noms des princes ; arguments de Voidel et de Chapelier à cet égard ; les suppressions et leurs suites fâcheuses ; les assignats ?

Le voilà donc achevé, ce grand œuvre, disent les membres de l’assemblée constituante ; la France est libre et régénérée ; rien ne blesse l’égalité des droits.


Il n’y a plus ni noblesse ni pairie, ni distinctions héréditaires. Qu’en est-il résulté ? L’égalité et la liberté prétendues, ont produit une dureté nationale, bien plus désagréable que la hauteur des nobles.

Voidel et Chapellier ont proposé de rétablir les noms de princes, non parce qu’ils ont senti que l’ont avait fait une chose déraisonnable en les abolissant, mais pare qu’ils étaient les protégés de d’Orléans.

Guillaume a dit, à ce sujet :
« Peut- on placer sur le trône un homme étranger à la constitution, dont, cependant,


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Il sera le défenseur et le gardien ; étranger aux intérêts de l’état, dont il est le représentant ; étranger à l’administration, dont il est le chef : étranger à toute espèce d’occupation, quand il devra veiller à la sûreté d’un grand empire et au bonheur de ceux qui l’habitent ; étranger à toutes les connaissances des faits et des hommes, quand il devra traiter les plus grands intérêts, et nommer aux emplois les plus importants… »

Partout où il y a des hommes qui ne sont pas égaux, il faut qu’ils soient au- dessus ou au- dessous ; cherchons donc quelle place l’opinion leur assignera ».

« Je vois paraître les parents du roi ; comment ne pas apercevoir une carte hors de la constitution, mais existante dans l’état ; une caste, dont les racines tiendront au trône ; et dont les branches couvriront l’empire » ?

Chapellier a ajouté :
« On ne peut rien conclure du décret qui porte qu’il n’y aura plus ni distinctions ni privilèges pour aucun citoyen ; car il n’en est pas moins vrai ; que la famille du roi a un privilège qui n’est pas commun aux autres citoyens : distinction politique pour la tranquillité de l’état ».


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Il existe un décret, par lequel, non seulement les professions libres ne dérogent point, mais encore que ceux qui les exercent ont le droit de concourir, avec les nobles, pour toutes les places quelconques.

Il fut être juste, ce décret était assez bien vu ; il tendait à décrasser l’ignorance des seigneurs casaniers, dont quelques unes savaient à peine lire, il aurait élevé les âmes, et produit de bons effets ;

Esope, Phèdre, Epictète avaient été esclaves ; le chancelier de l’hôpital, Faber, n’étaient pas nobles ; Corneille, Racine, Molière, Boileau, Jean- jacques, n’avaient que des brevets de noblesse donnés par la nature.

Quant aux noms, aux armes, si je ne vois pas les rapports qu’ils pouvaient avoir avec le désordre des finances, et tous les despotismes dont on parlait sans cesse : au moins, j’aperçois la haine de Mirabeau contre sa caste, qui le méprisait.

Rome avait ses chevaliers, et il était permis à un père de nommer ses fils Lucius, Quintus, Ancus, Marcus ; et Rome florissante, valait bien la France en révolution : au surplus, il paraissait raisonnable que la nation respectât


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Ce qu’elle avait elle-même accordé comme récompense, au mérite et à la vertu.

Je ne suis pas partisan de la noblesse moderne ; elle était, en général, tranchante, et souvent ridicule (1) ; mais la vieille noblesse était simple, honnête, accessible ; elle ne disait pas, Des gens de notre sorte ; elle ne parlait pas avec le mépris de la roture ; on savait ce qui lui était dû, et l’on ne s’en écartait jamais ; voilà la noblesse qu’il fallait conserver comme cops politique.

Au surplus, il existait un excellent moyen pour se rapprocher de la noblesse moderne : c’était d’anoblir tous les Français, et de permettre les livrées (2) ; on en aurait été quitte pour dire, comme dans la Biscaye, où tout le monde est noble : très illustre cordonnier, je vous pris de faire mes souliers de telle manière. Quelque bizarre que paraisse

(1) On conservait, dans une fiole, un fœtus, fruit prématuré d’une femme devenue comtesse en un clin d’œil, quelqu’un, la nuit, eut soif, but, et laissa tomber le fœtus. Une femme de chambre s’en aperçut, et d’un ton douloureux, dit : Ah ! dieu ! vous avez avalé M. le marquis.
(2) En Angleterre, il est permis à tout le monde d’avoir une livrée.


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Cette idée, elle ne l’est pas plus que ce qui s passe : j’ai vu des épaulettes cordelées en or, à des hommes sans souliers ; et je n’oublierai jamais qu’un major m’a servi à boire à la table à son maître.
Au reste les Italiens ne sont pas plus scrupuleux sur le choix de leurs officiers.

M. Dupaty nous raconte que lorsqu’il fut faire sa cour au commandant de Monaco, cet officier finissait de ressemeler une paire de souliers.

Quand les places sont avilies, il n’y a que des gens vils qui les postulent.

Si l’on eût anobli les français, il se serait élevé une multitude de fabriques de livrées qui auraient tourné au profit de la nation ; d’ailleurs la valetaille, qui a une si grande propension à l’insolence, aurait eu une marque distinctive : Je suis citoyen actif : soit je sui libre comme vous ; non je vous nourris, je vous habille, je vous donne 300 liv. pour faire mes volontés, et non les vôtres.

C’est donc un renversement de l’ordre, d’avoir donné, à des valets, des grades militaires qui les mettent dans le cas de commander à leurs maîtres.

Il n’y a plus d’ordres de chevalerie, ni corporations,


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Ni décorations. Il n’y a plus d’ordres. La nation a-t-elle dû, a-t-elle pu faire haro sur l’ordre de Malte, et dispose des commanderies ? elles appartenaient à un souverain étranger, avec lequel elle était en paix.

Il ne fallait donc pas décréter que les propriétés sont inviolables, puisqu’elles devaient être violées ; que la propriété est le premier intérêt national, puisqu’elle devait être envahie.

Plus de décorations ! Pourquoi donc avez- vous laissé les épaulettes dorées, les plaques, les hausse- cols ? La croix de S. Louis était une récompense due a de longs services, ou aux vertus militaires ; c’était une bonne chose très bien vue, et qui produisait les meilleurs effets ; un militaire qui avait 20 ans de service ; des circonstances voulaient qu’il portât une preuve honorable de ses vertus militaires.

Il n’y a plus de régime féodal, plus de droit de chasse. De régime féodal ! La destruction de ce régime a été faite par ceux- là même qui y trouvaient leur avantage ; on a abattu l’arbre pour manger les fruits. Les cens et rentes étaient fondés sur des conventions sociales : on devait les respecter à un certain point ;


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Il y avait même des banalités très utiles, sollicitées par des communes entières, et qui avaient coûté beaucoup.

Plus de droit de chasse ! Cette abolition a créé des paresseux, des voleurs … oui des voleurs, ceux- ci ont un prétexte pour s’embusquer et attendre les passants ……. – Que fais-tu la ? – J’attends un lièvre.

La dîme pesait sur l’agriculture. Il était convenable de s’en occuper, mais avec prudence ; l’abolition de la dîme a fait des fortunes, et probablement celles de ceux qui en ont proposé la suppression.

La dîme du curé pouvait se restreindre ; il n’est qu’usu- fruitier ; il eût été bien de faire une masse de ces dîmes, pour ajouter aux potions congrues ; car il était injuste que de curés voisins, l’un eût 4000 liv. et l’autre 100 écus. Quant à la dîme des seigneurs, elle appartenait au fond : celle- ci valait la peine d’être examinée et méditée.

Il n’y a plus de vénalité ni hérédité d’aucun office public. On pouvait donner aux juges de la dignité, sans faire payer les procès par ceux qui ne plaident point.

Quand à l’hérédité des offices, ce n’était pas un mal : le fils de l’homme pourvu était


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Elevé pour remplir la place, et il en connaissait parfaitement les devoirs lorsqu’il en prenait possession. Au surplus, le remboursement des charges, fait à contre- temps ; a creusé l’abîme des finances, au lieu de la combler.

Il n’y a plus de jurandes ni corporations. Ces associations avaient une police particulière qui produisait une espèce d’ordre ; l’arbitraire a pris la place de cet ordre.

Les parlements avaient trop de puissance. Il fallait les ramener à leur origine, et limiter leur autorité : dans le principe, ils n’étaient que de grands baillages.

Quand aux intendants, on pouvait soumettre leurs décisions à des tribunaux, pour les forcer à être justes.

On les a remplacés par des départements, des districts, des municipalités, qui sont bien plus impérieux, qui coûtent infiniment plus, qui gênent les tribunaux, en confondant sans cesse le judiciaire et l’administratif.

Dans tous les gouvernements, il doit exister une statique politique, par laquelle chaque force a sa place marquée, et chaque levier sa mesure ; la parfaite harmonie en dépend tellement, qu’il est impossible de toucher,


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Soit au point d’appui, soit à la puissance, soit à la résistance, sans déranger l’équilibre.

Par exemple, les impôts se payent mal, parce que l’ordre régulier et impérieux est interverti : Je suis libre, dit le paysan, donc je ne paierai pas ; son patriotisme est dans sa force et son intérêt.

Il n’y a plus de communauté religieuse. La population pourra y gagner, et c’est un bien réel : mais, en attendant, les pères de famille et les pauvres y perdent. Il fallait les laisser s’éteindre : rien n’est plus facile ; on pouvait créer des tontines ; un vieux moine, avant de mourir, aurait été vivre dans a famille et l’enrichir.

Un prêtre doit être scrupuleux, rigide, religieux : autrement, il est méprisable.

Le fait est que parmi les prêtres, les honnêtes gens sont ceux qui n’ont pas juré.

Il y a un impôt personnel, et c’est un grand point de gagné. Mais vous avez détruit les impôts indirects, qui étaient des mines


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Bien plus fécondes. Eh ! comment voulez- vous que l’on opère des recouvrements remplis de difficultés ? Faut-il employer le pouvoir exécutif ? vous lui avez ôté son énergie ; faut-il employer la force contre les contribuables ? les inconvénients sont sans nombre ; réussira-t-on mieux à obtenir des contributions en masse, de gens qui avaient l’habitude de les payer sans s’en apercevoir ? cela ne peut se présumer ; au sur plus, rien n’est arrêté sur les impositions ; on puise dans les bourses, sans compter.

Il n’y a plus de gabelles, plus de ferme du tabac. D’abord, nos salines méritaient une attention particulière ; on na pas senti que le sel et le tabac étrangers, épuisent le numéraire aux frontières.

Il a été décidé cependant, que ces impôts seraient remplacés ; donc, cette opération n’a point produit de soulagement.

N’eût-il pas mieux val mettre le sel à sous, et le tabac à 5 ou 30 ? c’étaient les prix des contrebandiers mêmes ; abolir les saisies domiciliaires, ; atténuer la rigueur des lois, et répandre un tel opprobre sur le mot contrebandier, qu’un homme se serait déclaré un coquin, en exerçant cette profession ;


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Tout le monde aurait été content, et par l’absence de la contrebande, le produit n’aurait pas diminué.

Il n’y a plus d’aides. Loin de gagner, la peuple a beaucoup perdu : il paye les liqueurs bien plus cher.

Les droits d’aides étaient révoltants, j’en conviens ; il fallait détruire les vexations inquisitoriales du top bu, du pas assez bu, les visites domiciliaires ; mais il convenait d’empêcher les fraudes des cabaretiers.

Il n’y a plus de fermiers généraux. Victoire, grande victoire ! c’étaient des Vampires, des sangsues qui vivaient du sang du peuple. Mais en bonne politique ne devait- on pas respecter une machine organisée comme l’était la ferme- générale ? C’était un chef- d’œuvre d’administration ; c’était l’ouvrage de plus d’un siècle, dont tous les potentats admiraient l’ordre et l’ensemble ;

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Jamais on imaginera une manière de gérer mieux entendue ; les grands, les petites roues s’engrenaient tellement, qu’une erreur d’un denier ne pouvait échapper

Cette machine animait la circulation du numéraire ; elle avait ses veines, ses artères, ses ramifications ; Paris était le cœur qui recevait et repoussait. Alors 30 mille lieues carrés et plus étaient dans l’abondance.

Il a pu se glisser des injustices ; mais je défie le plus grand ennemi des fermiers- généraux, d’en citer une seule émanée de son conseil.

Depuis 10 ou 12 ans, le régime était doux ; il n’existe pas un officier supérieur, qui ne puisse attester cette vérité par ses décisions mêmes ; je dois excepter quelques coquins, révoqués ou chassés comme mauvais sujets, qui se sont faits dénonciateurs, et que l’on a écoutés, comme l’on a écouté les valets contre leurs maîtres.

Dans le fait, la compagnie n’aimait i les gens minutieux, ni les tracassiers, ni les gens avides : elle voyait en grand, et détestait les procès.

Je ne dis pas qu’il n’y en eut quelquefois de mauvais ; mais ils n’ont été suivis que par


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L’impunité des receveurs, des contrôleurs ou des directeurs ; souvent même ils n’ont dû leur naissance qu’à la mauvaise fois des employés, parmi lesquels il y avait des coquins comme il s’en trouve partout. Au reste, la compagnie n’était pas juge dans sa cause, et perdait les mauvais procès.

Tout le monde pouvait demander des grâces, elle répondait avec exactitude, et refusait rarement ; mais toujours elle accordait des conditions modérées.

Moi-même j’ai plaidé la cause de cent malheureux, et je les ai toutes gagnées ?

Si les nobles avaient des privilèges qui présagent sur le peuple, rien n’était plus simple que de leur faire payer les impôts, en raison d leurs fortunes : quant aux prérogatives, on pouvait en tirer un grand parti, pour les mœurs et l’honneur.

Autrefois, en Suisse, on n’obtenait le titre de noble, qu’après avoir donné des preuves de courage, de probité, d’attachement à ses devoirs, et enfin aux vertus civiles et morales. C’est pourquoi un comte de Hapsbourg finit un acte par ses mots, ( que je traduis du latin), : « Nous sus dit Rudolf Eberhard, attends que nous ne nous servons pas encore de notre cachet,


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déclarons publiquement que nous empruntons celui de notre frère comte Godefroy ».

Il n’y a plus d’argent monnoyé : dans les pénuries du numéraire, il a fallu y suppléer ; bon ! mais votre conduite est la cause de cette pénurie ; il ne fallait donc pas publier que cette extrémité fâcheuse était un très grand avantage, une mine féconde : oui, une mine féconde ; mais des explorateurs étrangers se sont visés d’y fouiller, et ce n’est pas un petit inconvénient. – Il fallait sauver l’état. – Mais l’état n’était que malade, et il n’avait besoin que de remèdes doux, est- ce sauver l’état, que de répandre, sans discrétion, un papier qui, peu après sa naissance, faisait perdre à la nation (0à pour cent (1) ; qui détruit la confiance, et opère une augmentation bien excessive sur les denrées.

Mirabeau lui-même croyait si peu à l’existence de ce moyen, que quand on lui reprocha

(1) J’ai vu, avant la guerre, le change d’Angleterre à 5 au lieu de 30, ainsi, l’Anglais avec un écu en payait six, les autres changes étaient dans cette proportion. Voilà ce qui fit aller non fabriques avec tant de vigueur ; on crut que ces canaux, réellement destructeurs, étaient des marques de prospérité.


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D’avoir parlé faiblement sur les assignats, il répondit : j’aurai eu bien plus de force, si j’eusse parlé contre. C’était ainsi que ce célèbre scélérat s’amusait de l’ascendant qu’il avait usurpé.

Jamais on ne fera croire aux français qu’un papier- monnaie, que l’on est forcé de prendre pour une petite partie de sa valeur nominale, et que l’on ne peut réaliser, puisse représenter les métaux.

En Angleterre, il y a des billets de banque qui circulent ; mais ils sont au pair, et on les recherche : les assignats ruinent, au contraire, ceux qui vivent de leurs revenus.

Le marchand, l’artisan, l’homme de journée se dédommagent ; mais le renier, mais l’homme en place, n’ont pas de moyens ; ils sont condamnés à la misère. A la vérité les assignats ont fait la fortune de ceux qui avaient de grosses caisses, et surtout des banquiers ; ils ont répandu de l’aisance à Paris : voilà pourquoi cette grande ville a donné dans la révolution avec un si grand enthousiasme. Paris est l’asile des personnes les plus riches ; quand l’état ne les paye point, elles payent mal elles- mêmes, et les ouvriers sont mécontents ; quand il paye, le peuple s’en ressent d’ailleurs


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Les habitants de Paris (près du foyer des grâces) en obtiennent toujours. Il n’est donc pas étonné que Paris soit le centre des grands mouvements. Mais la population de la capitale n’est que le 30e partie de celle de la France : il n’était donc pas raisonnable de calculer la révolution sur l’esprit de Paris.

Pourquoi ces assignats ont-ils perdu en entrant en circulation ? c’est ce qu’on a voulu forcer ceux qui avaient des portefeuilles à les réaliser en biens ecclésiastiques ; ce qui est une grande injustice ; pourquoi autoriser de mal payer ce que ‘on doit, et contraindre à acheter ce qui ne convient point.

Il est dû à un négociant 100 000 liv. : c’est la moitié de son fond ; il ne doit rien : on le rembourse en assignats : voilà sa fortune réduite. Quoi ! il faut qu’il achète des biens qu’il ne sait pas faire valoir, avec lesquels il ne peut établir ses enfants ! il faut qu’il rencontre à son industrie !.... Mais il est question d’éteindre la dette nationale …. Non : la marche de la révolution n’annonce pas cette excellente opération ; on veut régner comme ont régné les tyrans d’Athènes, et l’on ne peut y parvenir qu’en nivelant les fortunes. On escamote maintenant, plus tard on volera


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ouvertement ; je les prédis, et j’ai des données qui appuient ma prédilection (1).

Voilà la marche par laquelle les assignats sont arrivés dans un état de discrédit, à l’époque où il n’y en avait en circulation qu’autant qu’il en fallait pour suppléer à l’absence factice ou réelle du numéraire ;
1°. L’inquiétude qu’ont fait naître les mouvements révolutionnaires ;
2°. Le dépérissement progressif des manufactures ;
3°. La chute des changes étrangers, à notre préjudice. Voilà les premiers coups de hache ; ensuite sont venues les dépenses de la guerre, et successivement une émission, outre mesure, de ces assignats, les dilapidations, l’imprudence des proconsuls, qui n’ont pas voulu recevoir ce papier pour contributions, même au cours du change : il en est résulté le soutirage de l’or, de l’argent et des choses précieuses, parce que les étrangers qui avaient ce papier pour rien, ou pour peu, cherchaient à le réaliser.

Aucun assignat n’a pu circuler hors de la France, même avec endossement : c’était un mauvais effet dans le commerce.
(1) J’écrivais ceci en octobre 1793.


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Tout est revenu en France, les pays limitrophes l’ont repoussé dans l’intérieur, et les habitants de l’intérieur, à leur tour, l’ont jeté dans le lieu où il avait pris naissance.

Voilà, je crois, l’histoire succincte de ce papier ; il mérite donc la censure élevée contre lui.