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F-Chapter 22
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=================== L’ E S P I O N
DE LA
RÉVOLUTION FRANÇAISE.
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C H A P I T R E X X I I.
Début ridicule de l’assemblée législative ; persiflage de la constituante ; ce que l’as- -semblée nouvelle devait répondre.
La constituante a fini sa carrière : le début de la législative fut un enchaînement de ridi- cules ; jamais lois ne furent reçues avec un aussi pompeux appareil ; on renouvela l’arche sainte des Israélites ; tous les députés vinrent porter la main sur l’évangile de la France ; on fit un procès- verbal extravagant ; on proclama des remerciements aux auteurs de cette mons- -trueuse production politique. La constituante, s’apercevant qu’elle avait affaire à des hommes nouveaux en toutes choses, excepté en orgueil
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et en impudence , flagorna d’abord ses successeurs , puis , d’un ton empathique , fit le pané- - gyrique de ses vertus et de ses sublimes travaux. << Nous avons, dit-elle, entrepris un travail au-dessus de nos forces, mais nous avons eu le bonheur d’en venir à bout. Au milieu des orages nous avons tracé, d’une main ferme, les principes d’une constitution qui assure à jamais la liberté >>. << Les droits de l’homme étaient méconnus : ils ont été établis pour l’humanité entière >>. << Nous n’avions que des états – généraux : nous avons une assemblée nationale >>. << Des ordres divisés dictaient des décrets ; ils n’existent plus : tout a disparu devant l’ho- -norable qualité de citoyen >> << Des privilèges, ennemis du bien, composaient le droit public : ils sont détruits >>. << Une féodalité vexatoire a disparu >>. << Les Français étaient soumis à une administration inquiétante : nous les en avons affranchis >>. << Le royaume était divisé en 36 provinces : nous avons crée 83 départements, et plus de 500 districts >>. << Nous avons aboli les pensions, remboursé les charges , reformé les finances >>. ( 3 )
<< Nous avons fait rendre gratuitement la justice >>. << Nous avons fixé les dépenses ordinaires , réglé les revenus de l’état et les fonds d’un amortissement successif >>. << Nous avons établi l’imposition personnelle ; tarifé les droits ; détruit les moyens qui pou- - vaient faire renaître l’arbitraire >>. << Enfin nous avons créé la liberté et l’égalité >>. << Si nous avons tout détruit, c’est qu’il fallait reconstruire >>. << Si nous avons opéré une trop vaste démolition, c’est qu’il fallait attaquer tous les abus à la fois >>. << Nos assemblées ont été tumultueuses : eh qu’importe ! si nos décrets sont marqués du sceau de la sagesse >>. << On nous accuse d’avoir aspiré à une perfection chimérique ; de ne pas avoir assez fait pour le peuple ; d’avoir détruit le pouvoir exécutif ; d’avoir outrepassé les bornes de nos pouvoirs >>. << Etait-il possible de régénérer une nation vieille et corrompue, sans amplifier les moyens? Il fallait , de toute nécessité , excéder le niveau de l’ordre , pour y revenir >>. Messieurs, a dû répondre l’assemblée légis-
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lative , vous n’avez rien fait de ce que vous dites ; vous vous êtes comportés en maçons , et non en architectes ; vous avez tout abattu , tout renversé , tout dilapidé , ab hoc et ab hac , sans plan, sans combinaisons ; vous avez employé la pique , la mine , la contre – mine , et tous les moyens violents, quand il ne fallait que du ciment, pour réparer quelques cre- -vasses. Avez – vous appelé des gens à talents ? Non. Vous les avez proscrits ; vous n’avez choisi, pour vous guider , que des ambitieux sans principes , sans expérience. D’abord vous avez déraciné toutes les idées anciennes, avant de savoir si vous pouviez en propager de nouvelles, capables de former un système social. Vous avez établi une familiarité triviale, sans examiner si l’égalité et l’ordre public peuvent aller ensemble. Vous avez ridiculisé la religion, sans considérer que les moeurs ne peuvent se passer de cet appui. En inspirant du mépris pour la royauté, vous n’avez pas senti que le chef d’un vaste empire doit être accompagné d’une majesté imposante. Vous avez détruit les impôts, sans calculs ( 5 )
sur leur remplacement : ce qui a obstrué les canaux de la circulation. Il ne fallait pas 1500 têtes pour exécuter une pareille opération ; le moindre commis de banque l’aurait faite : le peuple , d’ailleurs , ne demandait qu’un soulagement , et vous l’avez accablé par une indiscrète popularité. Quelle était votre mission ? Vous avez été appelés pour vivifier le gouvernement d’une manière salutaire, pour aplanir quelques aspérités qui nuisaient au mouvement de la machine, pour la préserver de sa destruction ; mais vous avez fait comme les filles d’Eson, qui pour régénérer leur père ( par le conseil d’une magicienne ) le tuèrent, le cou- pèrent en pièces, ……. mais la comparaison cloche ; certainement vos conseils n’étaient pas des sorciers. Dans quel lieu du globe terrestre avez-vous vu qu’il fallût 48 mille assemblées munici- pales, occupant tous les ans 900 mille citoyens, pour former 8 mille assemblées primaires, composées de 5 millions d’hommes ; 547 assemblées de district ; 83 de départements, et en outre 50 mille électeurs, susceptibles de s’assembler en autant de cessions qu’il y a de divisions dans le royaume : le tout , pour exercer la
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souveraineté de la nation, nommer les législateurs, les juges , enfin instituer tous les agents du gouvernement ? Avec cette multiplicité de rouages, et cette complication étonnante de moyens, quel est l’état, de quelque nature qu’il soit, qui pût conserver son activité ? Comment l‘harmonie subsistera-t-il, lorsqu’il y aura 50 mille souverains répandus sur la surface de la France, qui auront une action continuelle sur le corps politique , par l’im- pression de 83 assemblées départementales ? De pareils ressorts doivent nécessairement faire plier la machine, et la briser à la fin. Il n’existe, il n’a existé dans aucune partie du monde, une organisation aussi vicieuse. Voilà donc les grands efforts de vos imaginations ! Voilà donc le tombeau que vous avez préparé à l’empire Français, après 14 siècles d’existence ! Vous avez beau dire que les assemblées d’électeurs ne sont point fonctionnaires : elles sont bien plus , puisque ce sont elles qui constituent tous les fonctionnaires de l’état ; d’ailleurs leur autorité doit être sans bornes , puisqu’elles représentent absolument le souverain. Il ne vous a point suffi de renverser les bases
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de la monarchie ; vous avez détruit la religion , principe de toute obéissance ; la justice , rapport entre celui qui la demande et le chef qui la doit ; la subordination militaire , ins- trument du pouvoir exécutif. Où finit la religion, commence la licence. Sans justice, l’indépendance règne, et le caprice populaire devient loi. Sans discipline militaire, il est impossible qu’un seul commande à plusieurs. Votre constitution était inutile : il y en avait une ; en vain vous prétendez vous justi- fier en disant : Nous n’avons trouvé ni ordonnances ni contrats. Nous vous répondons : une constitution n’est ni une ordonnance ni un contrat ; c’est le régulateur qui gouverne l’empire et le souverain ; or, le régulateur de l’empire Français existait depuis 1400 ans. Qu’est-ce qu’un état dont la constitution dépend du caprice? – Pour assurer la tran- quillité d’une nation , il faut des lois fondées sur ses moeurs , ses vieilles habitudes , sa situa- tion locale , son industrie , ses rapports avec ses voisins , il faut des lois qui ne soient pas au pouvoir des suffrages momentanés ; car les partis s’étouffant les uns les autres , il en résulte toujours des lois flottantes, sans
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stabilité, et une tendance à l’anarchie ; chacun s’établit juge des abus, et cela seul ouvre une porte aux factions et au désordre. Le devoir de la multitude est d’obéir, soit à un seul, soit à plusieurs ; et, ni Platon ni Aristote n’ont passé dans la Grèce pour de mauvais citoyens, parce qu’ils ont soutenu que le gouvernement d’un seul est le meilleur ; Sophocle disait librement à Athènes, qu’il fallait un peuple un gouvernement paternel. A la vérité, les monarchies ont la chance d’un mauvais roi ; mais les républiques ont celle de mauvais magistrats , et cette dernière chance offre plus d’inconvénients que la première. Votre suppression des droits féodaux, sans indemnité, est une action très injuste : elle a mis à la mendicité 200 mille chefs de famille qui méritaient des égards : il fallait permettre de les racheter, et fixer un mode de rachat, bien combiné, pour que personne n’eût à se plaindre. Vos droits de l’homme ont été un cri de carnage ; au lieu de guider le peuple, ils l’ont conduit à la licence, au crime et aux plus affreuses atrocités. Votre division de la France, en échiquier, est une absurdité. En mécanique, plus une ( 9 )
machine est simple , plus elle est parfaite ; vos 83 département , vos 500 districts et plus , opèrent des frottement perpétuels , que rien ne peut vaincre ; 36 intendants faisaient la besogne. Vos tarifs, vos taxes personnelles ne valent rien ; les impôts indirects étaient plus sages , ils étaient en raison des consommations , insensibles et justes à la fois. Enfin toutes vos opérations sont fausses. Qu’en est-il résulté ? en voici l’affligeant tableau. Une désorganisation complète. Un esprit de révolte , généralement répandu. Une disette affreuse. Une pénurie totale de numéraire. Un discrédit général. Un mécontentement universel dans la classe des rentiers. Une augmentation effrayante sur le prix des denrées. La destruction des fabriques. L’anéantissement du commerce, âme d’un état. La guerre avec les principales puissances de l’Europe. Le mépris universel attaché au nom de Français.
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L’égorgement d’une multitude de riches propriétaires. La division des familles. La destruction de la société. Un esprit de rapine, un brigandage général. Voilà les fruits réels de vos veilles , de vos sollicitudes. Il était question de venir au secours de l’état , et non de le détruire ; de réformer les abus , et non de les métamorphoser en d’autres abus ; de fixer les dépenses avec sagesse , et non de faire disparaître le numéraire ; de combler le déficit de 56 millions , et non de creuser l’abîme des finances ; de remplir les voeux du peuple, énoncé dans ses cahiers , et non de créer un gouvernement oligarchique. Il semble que vous ayez tout détruit, pour propager une anar- chie, à laquelle tenait la puissance que vous vouliez usurper, sous le spécieux prétexte du bonheur et du salut du peuple. Avez-vous établi les droits du peuple, en laissant violer, par vos satellites, l’asile de la vieillesse et de l’innocence; en faisant assassiner tous ceux qui pouvaient démasquer vos vues ambitieuses ? Avez-vous établi les droits du peuple, en couvrant la France de bourreaux, qui allaient partout le fer et la torche à la main ?
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Avez-vous établi les droits du peuple, en créant un comité de recherche, plus inquisitorial que le tribunal féroce de Goa ? Avez-vous établi les droits du peuple, en soudoyant une armée de brigands, composée du ramas le plus impur , pour démolir , raser , incendier les villes , bourgs , maisons , chaumières ? Avez-vous conservé ces droits, en envahissant les fortunes, sans vous occuper de votre préalable indemnité ? Avez-vous conservé ces droits , en créant un papier dont la valeur est absolument idéale ? Avez-vous conservé ces droits, en pardonnant aux Cannibales d’Avignon ? Avez-vous conservé ces droits, en provoquant l’insubordination, en soulevant la garnison de Nancy , en couronnant les assassins du brave Désiles , punis par leurs supérieurs , qui étaient des officiers étrangers ? Avez-vous conservé ces droits, en assimilant l’officier au soldat, pour la désertion ; en dé- truisant l’honneur , ce puissant ressort qui anime l’état militaire ? Avez-vous conservé les droits des nations, en souffrant que l’on accablât d’injures toutes les têtes couronnées ; et en appelant vils
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esclaves , tous les peuples qui ne voulaient pas outrager leurs chefs ? Quels sont donc les travaux dont vous vous targuez avec tant d’audace ? Des décrets violent contre les prêtres, contre les émigrés , dont vous avez provoqué le désespoir. Vous avez assujetti les revenus à des certificats minutieux, et les rentes à des retenues cruelles. Après avoir fait disparaître le numéraire, par votre impéritie en finances, vous avez fait des sous de papiers ; vous avez fondu les cloches , pour créer une mauvaise mitraille ; vous avez ruiné des milliers de familles , qui n’avaient d’autre torts que d’être créancières de l’état ; enfin , vous avez couvert la France de mécontents. Selon vous, la France est dans une brillante prospérité ; mais nous ne voyons qu’un bouleversement effroyable. Vous avez touché extraordinairement plus de deux milliards en assignats; plus, le quart du revenu des Français ; plus , l’argenterie ; plus , les boucles , les breloques et autres dons patriotiques, qui ont dû servir à fabriquer des louis et des écus ; qu’avez-vous fait de tout cela?
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on n’en demandait pas tant , pour combler le déficit. – Il fallait payer les arrérages échus. - Bon! - Il fallait rembourser les charges. - Et pourquoi avez vous accablé l’état , en le forçant de rembourser les charges et cautionnements qui n’étaient pas exigibles ? Quoi! vous ne pouvez payer les intérêts , et vous remboursez les capitaux! Votre mine est épuisée, et déjà les paiements sont interrompus ; donc, les bases de vos calculs étaient mauvaises. Vous ne nous montrez pas l’abîme affreux que vous avez creusé ; peut-être est-il impossible d’en mesurer la profondeur. Comment voulez-vous que nous opérions maintenant ? vous nous laissez au moins trente mille pensions d’indemnité à décréter , et voilà deux ans , que les malheureux à indemniser meurent de faim. Nous avons les tribunaux, le clergé , des armées à payer , et vous ne nous laissez pas de fonds. Indiquez-nous donc les moyens de faire face seulement au courant. – Avec des assignats. – Mais ce moyen n’est qu’un palliatif momentané, qui ne peut qu’aggraver le mal. Connaissez-vous la situation de l’état? Non, vous ne la connaissez pas ; nous disons plus , c’est que les nouvelles dettes sont plus
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fortes que celles que l’on a détruites. Où est votre plan d’opération ? – Nous n’en avons point. – C’est ce que vous avez prouvé par l’extravagance de votre conduite. Mais l’ivresse du peuple est passagère, et les mouvements des passions ne durent point. Il faudra bien enfin examiner si la régénération de la France est réelle, si la liberté et l’égalité (tant prônées ) existent , et si l’on est plus heureux ; si les impôts sont moins forts , les perceptions plus simples et moins arbitraires ; si les impôts en masse se payent plus facilement que les indirects ; si les propriétés sont mieux protégées ; si le peuple armé , est plus sage que le peuple sans armes ; si la destruction des grandes fortunes soulage les pauvres , et rend meilleur le sort des honnêtes artisans ; si l’augmentation excessive des denrées ne produit pas une dépopulation pernicieuse à l’état ; si la balance du commerce est plus avantageuse qu’elle ne l’était avant le nouvel ordre de choses ; si les assignats peuvent remplacer le numéraire. Si tout cela n’est pas, et certes vous ne prouverez pas l’affirmative, votre travail est absolument mauvais. Tous les fanatiques, tous les enragés, toutes les flagorneries qu’ils vous
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ont prodiguées , n’empêcheront point la partie saine du peuple de demander un gouvernement qui puisse aller. Quels sont ceux que vous avez choisis pour être les dépositaires de l’autorité? des gens sans délicatesse , sans honneur , sans foi , sans conscience. Partout, des hommes déshonorés affichent l’esprit révolutionnaire ; partout , les places qui donnent le pouvoir de persécuter, sont occupées par des coquins (1). Jamais les passions n’ont agi avec plus de sécurité ; jamais la haine et la vengeance n’ont eu plus beau jeu : aujourd’hui il faut guerroyer ; il faut que le frère tue le frère, le fils son père. Voilà un royaume bien régénéré (2) ! _______________________________________
(1) J’ai vu un vice-président de département ( et ce vice-président avait été un maître d’école) arrêter un compte de fournisseurs , au cabaret , à l’ombre d’un déjeuner splendide que lui donnaient les comptables. J’étais avec un ami , nous nous regardâmes , bien pénétrés du même sentiment d’indignation. ( 2) Il y a cependant des gens de mérite qui croient à la régénération de l’état ; je les compare à une vieille femme que j’ai connue , qui , mourant d’une super purgation , disait : Je ne me plains point de la médicine , elle était bonne , j’ai été bien purgée.
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Vous vous êtes crées , en rompant tous les liens qui vous attachaient à vos communes ; vous vous êtes créés , dis-je , assemblée législative , parlements , conseil souverain , chambre de comptes, cour des monnaies , conciles ; mais comme corps administratif , vous devez un compte à la nation , de l’emploi de ses revenus ; et nous vous le demandons en son nom. Vous répondez : nous ne sommes pas responsables , et vous ne l’êtes pas plus que nous . L’absurdité de cette réponse est évidente : citez-nous un état où les revenus sont dans les mains de gens exempts de comptabilité.
Que penserait-on d’un officier général qui , envahissant toutes les caisses , dirait : Je n’administre pas les régiments ; donc , je n’ai aucun compte à rendre ; si vous en doutez , je vais vous le prouver : voilà cent mille hommes ; mais la force n’est pas une raison.
N’avez-vous point fait payer les troupes, les départements , les districts , les pensions , les fêtes civiques , les panthéonisations ? Ne vous êtes-vous pas payés vous-mêmes ? les caissiers ne reçoivent-ils point vos ordres ? les liquidations n’ont-elles point passé par vos mains ? – Nous sommes corps législatif. - Mais vous avez administré, à la vérité, par
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un renversement d’ordre incroyable ; donc, vous êtes devenus corps administratif , et sous ce rapport , vous êtes comptables.
Que par finesse, la constituante ait cherché à se débarrasser du poids de plusieurs milliards, cela n’est pas fort extraordinaire ; mais , c’est mettre le comble à l’ineptie et à la balourdise que de se charger des iniquités d’autrui : donc , l’assemblée législative a commencé par déraisonner.
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