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  Isaac Book





F-Chapter 34

Page: 168-183

CHAPITRE XXXIV

Le roi paraît à la barre; son interrogatoire; ce qu’il pouvait ajouter à ses réponses; il est traité, au Temple, avec rigueur; quatre députés viennent adoucir ses peines; il reparaît à la barre; extrait du discours de Deséze, son défenseur; le roi approuve la défense; anecdotes qui prouvent que Louis XVI était un homme d’esprit et instruit.

Le 11 décembre 1792, Chambon, maire de Paris, Chaumette et un secrétaire, entrent dans l’appartement du roi; le maire dit : << Je


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viens vous annoncer que la convention vous attend à sa barre, et qu’elle m’ordonne de vous y traduire.
Ensuite le secrétaire lit le décret par lequel Louis Capet sera conduit à la barre… << Je ne me nomme pas Louis Capet; au moins on ne m’a jamais nommé ainsi; mais je n’incidenterai point; je suis prêt à vous suivre >>.
Le roi suivit le maire; il parla peu, et ne montra point de signes d’inquiétudes: le monarque descend; Santerre s’en empare, le prend sous le bras, et le mène à la barre.
Le président lui dit :
<< Louis, le peuple Français vous accuse d’avoir voulu détruire sa liberté >>.
Alors, Mailhe lit l’acte d’accusation.
Ensuite le président fait les questions suivantes, auxquelles le roi répond, article par article.
Le président. Vous êtes accusé d’avoir attenté à la souveraineté du peuple, le 20 Juin 1789?
Le roi. Il n’existait pas de loi qui m’obligeât d’agir différemment.
Le président. Vous avez voulu dicter des lois à la nation?
Le roi. Même réponse.
Le président. Vous avez fait marcher une armée contre les habitants de Paris ?
Le roi. J’étais le maître de faire marcher mes troupes.


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Le président. Vous avez doublé vos gardes; vous étiez à des orgies où la cocarde blanche fut arborée; vous avez nécessité une insurrection: les preuves de ces faits se trouvent dans vos observations du 18 Septembre?
Le roi. J’ai fait les informations que j’ai cru justes et nécessaires sur les décrets: quant à la cocarde, le fait est faux. Il ne s’est point passé devant moi.
Le président. Vous avez prêté, à la fédération du 14 Juillet, un serment que vous n’avez pas tenu; vous avez essayé de corrompre l’esprit public; vous avez répandu de l’argent ?
Le roi. La plupart des ces choses sont antérieures à l’acceptation de la constitution: j’ai toujours donné volontiers; mais ce que j’ai donné n’a jamais tenu à aucun projet.
Le président. N’est-ce pas par une suite de ce projet, que vous vouliez le 18 Avril quitter Paris, pour vous rendre à Saint-Cloud, sous prétexte de santé ?
Le roi. Cette question est absurde.
Le président. Après votre arrestation à Varennes, l’exercice du pouvoir exécutif fut suspendu dans vos mains, et vous conspirâtes encore: le sang des Parisiens fut versé au Champs de Mars; une lettre de votre main prouve qu’il y avait une coalition entre vous, Mirabeau et Lafayette; vous avez payé des libelles: vous avez voulu décréditer les assignats, etc.?
Le roi. Ce qui s’est passé le 19 Juillet, ne peut m’être imputé; j’étais prisonnier et sans fonctions publiques: pour le reste, je n’en ai aucune connaissance.
Le président. Vous avez accepté la constitution du 4 Septembre, et vous travailliez sourdement à la renverser; une convention a été faite à Pilnitz, de rétablir la monarchie


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absolue: et vous ne l’avez dit qu’au moment où le traité fut connu de l’Europe entière?
Le roi. J’ai fait connaître le traité, dès que j’en ai eu connaissance.
Le président. Vous avez levé l’étendard de la révolte; vous l’avez favorisé par l’envoi de trois commissaires civils?
Le roi. Les instructions qu’avaient les commissaires, doivent prouver ce dont ils étaient chargés; je n’en connaissais aucun.
Le président. Le comtat d’Avignon avait été réuni à la France: vous n’avez fait exécuter le décret qu’un mois après?
Le roi. Ces faits ne peuvent me regarder: les détails regardent les ministres qui en sont responsables.
Le président. Nîmes, Montauban, Mende, Jalès, ont éprouvé de grandes agitations: vous n’avez rien fait pour les étouffer?
Le roi. J’ai donné à cet égard les ordres que mes ministres m’ont proposés.
Le président. Vous avez payé vos gardes à Coblence?
Le roi. Dès que j’ai su que les gardes du corps s’assemblaient sur le Rhin, j’ai donné ordre qu’ils ne touchassent aucun payement.
Le président. Vos frères ont levé des Régiments, fait des emprunts en votre nom; vous avez été en correspondance avec eux: voici une lettre signée Louis Stanislas Xavier, et Charles Philippe.
Le roi. J’ai désapprouvé mes frères: je n’ai aucune connaissance de cette lettre.
Le président. L’armée de ligne, qui devait être portée au pied de guerre, n’était forte que de cent mille hommes:


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à la fin de décembre 1791: vous avez négligé de pourvoir à la sûreté de l’état ?
Le roi. J’ai donné aux ministres tous les ordres qui pouvaient accélérer l’augmentation de l’armée: si les ministres ont apporté des retards, ce n’est pas ma faute.
Le président. Vous avez chargé les généraux de désorganiser l’armée?
Le roi. Il n’y a pas un mot de vrai dans cette accusation.
Le président. Vous avez chargé vos agents diplomatiques, de favoriser la coalition des puissances, et de cimenter la paix entre l’Autriche et la Porte, pour dispenser celle-ci de garnir ses frontières du côté de la Turquie: une lettre de Choiseuil- Gouffier prouve ce fait ?
Le roi . Je n’ai rien ordonné de semblable: Choiseuil s’est écarté de la vérité.
Le président. Vous avez détruit notre marine: une foule d’officiers ont émigré?
Le roi. J’ai fait ce que j’ai pu pour les retenir.
Le président. Vous ne nous avez dit que le 10 Août, que les Prussiens s’avançaient sur nos frontières?
Le roi. Dès que j’ai su les dispositions hostiles du roi de Prusse, j’en ai donné connaissance.
Le président. Vous avez favorisé dans les colonies le maintien du gouvernement absolu?
Le roi. Je n’ai jamais employé aucun agent dans les colonies, aux trames dont vous parlez.
Le président. L’intérieur de l’état était agité pas des fanatiques: vous vous êtes déclaré leur protecteur, pour recouvrer votre ancienne puissance?
Le roi. Je n’ai jamais eu connaissance d’aucun projet de ces fanatiques.


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Le président. Le corps législatif avait rendu un décret contre les prêtres réfractaires: vous en avez suspendu l’exécution?
Le roi. La constitution me laissait le droit de sanctionner, ou de ne pas sanctionner les décrets.
Le président. Les troubles augmentent; le corps législatif fait un nouveau décret: vous le suspendez encore ?
Le roi. Même réponse.
Le président. L’incivisme de vos gardes en nécessitait le licenciement: vous leur avez témoigné votre satisfaction, et vous avez continué de les payer?
Le roi. J’ai payé cette garde jusqu’à ce qu’elle fût recréée, mais de mes propres deniers.
Le président. Vous avez retenu les gardes Suisses?
Le roi. J’ai suivi les décrets sur cet objet.
Le président. Vous avez eu dans Paris des émissaires chargés d’opérer des mouvements?
Le roi. Je n’ai aucune connaissance de cela: jamais idée de contre-révolution n’est entrée dans ma tête.
Le président. Vous avez fait, le 10 Août, la revue des Suisses ?
Le roi. Les autorités constituées étaient présentes; j’avais même prié l’assemblée de m’envoyer une députation pour me conseiller: je me suis rendu moi-même au corps législatif avec ma famille.
Le président. Pourquoi avez-vous doublé ce jour-là la garde du château des Tuileries ?
Le roi. Toutes les autorités ont été témoins de ma conduite: le château était menacé; j’étais moi-même une autorité constituée: je devais me défendre.
Le président. Pourquoi avez- vous mandé le maire de Paris ?


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Le roi. Je l’ai mandé sur les bruits qui se répandaient.
Le président. Vous avez fait couler le sang des Français?
Le roi. Non monsieur, ce n’est pas moi.
Le président. Vous avez autorisé Septeuil à faire un commerce de grains?
Le roi. Je n’ai aucune connaissance de cela.
Le président. Pourquoi avez-vous mis le veto sur le décret qui pardonnait la formation d’un camp de vingt mille hommes auprès de Paris ?
Le roi. La constitution m’accordait la libre action des décrets: je demandais le camp à Soissons, où je le jugeais plus utile qu’à Paris.
Le président annonce que les questions sont épuisées, et demande si l’accusé veut ajouter quelque chose à ses réponses.
Le roi. Je demande communications des pièces jointes aux accusations que je viens d’entendre. Je demande encore la faculté de choisir des défenseurs.
On présente les pièces.
Valazé. Voilà un mémoire apostillé: le reconnaissez-vous?
Le roi. Non.
Valazé. Une lettre de Delaporte: la reconnaissez-vous?
Le roi. Non (1).
Valazé. Une lettre de Louis Capet?
Le roi. Je crois reconnaître mon écriture, cette lettre n’a jamais été envoyée: je me réserve d’expliquer son contenu.


(1) On a dit que le petit duc de Montpensier, enfant, avait crié, dans une tribune ….Eh ! mais il nie tout! ….Quel mot, si cela est vrai!


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Valazé. Et ces lettres?
Le roi. Je ne les connais point.
Valazé. Voici un projet de constitution, ou de révision?
Le roi. Il en a été question avant que j’eusse accepté la constitution.
Valazé. Une pièce sans signature, trouvée dans une armoire à porte de fer, formée dans un mur?
Le roi. Je n’ai connaissance ni du papier, ni de l’armoire.
Valazé. Registre intitulé, Pensions sur la cassette?
Le roi. Je le connais; j’ai toujours aimé à faire du bien.
Valazé. Etat des compagnies des gardes du corps?
Le roi. J’ai répondu à cela.
Valazé. Liste civile.
Le roi. Je ne connais pas ces pièces.
Valazé présente beaucoup de papiers.
Le roi. Je ne connais pas ces papiers: si ma signature y est, on s’est servi d’une griffe.
Après la communication des pièces, le président a dit au roi : « La convention a décrété le 6 Décembre, qu’il vous serait donné communication de l’acte des crimes qui vous sont imputés, et que le président vous ajournerait dans deux jours, pour être entendu définitivement ».
Le roi demande un conseil pour rédiger sa défense.
Il est bien étonnant que le roi, doué d’une présence d’esprit si rare, si précise, n’ait pas dit :


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« J’ai répondu à vos questions, presque toutes oiseuses, insignifiantes, captieuses, pour éclairer ma conduite, devant le peuple qui m’écoute, et lui faire connaître le vague, la partialité, et le peu de valeur des accusations portées contre moi >>.
« J’ai régné sur la nation; je connais ses droits: et vous n’êtes que ses représentants. Sous ce rapport, vous avez pu juger la royauté, mais vous ne pouvez juger le roi; parce que celui qui fait des lois, ne peut prononcer de jugement ».
« Vous êtes les mêmes hommes qui avez aboli la royauté; et comme votre décret n’a pas été sanctionné par le souverain, les assemblées primaires, il peut être l’effet de votre volonté particulière ».
« Ma mort, je le sens, est importante à votre décret: elle en serait la sanction; je dois donc vous récuser, et je demande pour juge la nation entière ».
Qu’aurait dit l’assemblée? elle aurait passé outre sans doute; mais l’illégitimité du jugement aurait été mise au jour avant son exécution.
Louis XVI, sorti de la convention, passe une heure entière dans la salle des conférences


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à attendre le décret; enfin arrive l’ordre de le reconduire au Temple.
Un comité municipal formait le conseil du Temple; là, il est arrêté que le roi, étant sous les liens d’un décret d’accusation, sera traité avec rigueur.
On le prive de toute communication avec sa famille; on lui enlève les rasoirs avec lesquels il se rasait lui-même, ses ciseaux, son papier, ses plumes, son encre, quoiqu’il en eût besoin pour sa défense.
La manière franche, précise, loyale, avec laquelle il s’était conduit à son interrogatoire, changea l’opinion d’un grand nombre de députés, et forma divers partis qui par la suite occasionnèrent beaucoup de désordre.
Quatre députés se détachent, vont au Temple, et font remettre au roi ce qu’on lui avait enlevé; on lui permet encore de communiquer avec sa famille. A cette époque, il fut rendu un décret qui chassait de la république tous les individus de la famille royale exepté ceux détenus au Temple; ensuite, il en parut un autre, qui ordonnait simplement de les renfermer comme suspects.
Le 26 Décembre, le roi paraît une seconde fois à la barre, avec ses défenseurs.


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Desèze y prononça la défense du souverain; il examina l’affaire sous deux points de vue.
Le premier, celui où était Louis XVI avant l’abolition de la royauté.
Le deuxième, celui où il s’est trouvé depuis.
Desèze traita ces deux parties avec beaucoup d’éloquence; il parla pendant deux heures: voici sa conclusion.
<< On a imputé à Louis XVI le dessein d’une agression hostile; il ne faut qu’un mot pour le justifier. Celui-là est-il l’agresseur qui, forcé de lutter contre le peuple, s’environne des autorités populaires? Veut-on le malheur du peuple, quand, pour arrêter ses mouvements, on lui oppose ses propres magistrats? On dit que Louis avait provoqué le mouvement populaire; ignore-t-on qu’il fut formé des plans; qu’on a tout conduit, tout arrangé pour amener cet événement, et qu’à cette tribune même, on s’est disputé la gloire du 10 août. Je ne viens pas contester cette gloire à ceux qui se la sont décernée, mais, puisque les faits sont prouvés, il est impossible que Louis soit l’agresseur. Vous l’en accusez cependant; vous lui reprochez le sang qui a coulé; vous voulez que ce sang crie vengeance contre lui qui s’est rendu près de vous pour ne pas le


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verser; contre lui qui, à Varennes, a préféré de revenir captif, plutôt que d’exposer la vie d’un seul homme; contre lui qui, le 20 juin, refusa des secours, et voulut rester au milieu du peuple. On l’accuse d’avoir fait verser le sang: et c’est sa plus profonde blessure; il sait bien qu’il n’en est pas l’auteur, qu’il n’en a été que la triste occasion: il ne s’en consolera jamais …. Et c’est vous qui l’accusez, Français! Mettiez-vous votre puissance à combler l’infortune de celui qui a eu le courage de se confier à vous, à vos représentants? N’aurez-vous plus de respect pour le droit sacré d’asile, et ne regarderez-vous pas un roi, qui cesse de l’être, comme une victime assez éclatante du sort, pour qu’il vous paraisse encore possible d’ajouter à sa misère >>.
<< Entendez d’avance la Renommée qui dira un jour à l’Histoire: Louis, monté sur le trône à 20 ans, y porta l’exemple des mœurs et de l’économie; le peuple voulut qu’un impôt désastreux fût détruit: Louis le détruisit; le peuple voulut l’abolition de la servitude: Louis l’abolît; le peuple sollicita des réformes: il les fit; le peuple voulut changer ses loix: il y consentit; le peuple demanda la liberté: il la lui donna >>.


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<< On ne peut pas disputer à Louis la gloire d’avoir été au-devant du peuple par ses sacrifices; et c’est lui qu’on propose de ………. Législateurs, je n’achève pas ….. je m’arrête devant l’Histoire; songez qu’elle jugera votre jugement, et que le sien sera celui des siècles à venir >>.
Le discours fini, le roi demanda la parole, et dit :
<< Citoyens, on vient de vous exposer mes moyens de défense; en vous parlant, peut-être pour la dernière fois, je vous déclare que ma conscience ne me reproche rien, et que mes défenseurs ne vous ont dit que la vérité >>.
<< Je n’ai jamais craint que ma conduite fût examinée publiquement; mais mon cœur est déchiré de trouver dans l’acte d’accusation l’imputation d’avoir fait répandre le sang du peuple, et surtout que les malheurs du 10 août me sont attribués >>.
Louis sortit aussitôt de la salle, et on le reconduisit au Temple.
Voici quelques anecdotes qui prouvent que le roi joignait, à la bonhomie, une mémoire étonnante, beaucoup d’esprit, des connaissances très étendues, et une grande sagacité.


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Etant dans la voiture, avec le maire, Chaumette et un secrétaire, il demanda à Chambon, maire, à voir le portrait de sa tabatière. – Est-ce votre femme? – Oui. – Elle est très jolie. De quel pays êtes-vous ? – De la Haute-Marne. – Et vous, Chaumette ? – Du département de la Nièvre. – Sur les bords de la Loire? C’est un pays enchanté. – Est-ce que vous y avez été? – Non, mais je me proposais de faire mon tour de France, et d’en connaître toutes les beautés; je n’ai vu que le pays de Caux. – Ah! oui, dit Chaumette, dans votre voyage de Cherbourg, pour voir ces fameux Cosnes, qui ont épuisé nos finances; j’en ai vu les plans chez M. Normand, ingénieur des pont des et chaussées, homme du plus grand mérite. – J’en ai entendu parler … Je voudrais savoir si Santerre et Berruyer haranguent leurs troupes, à l’exemple des anciens généraux, dont Tite-Live cite les discours?
Puis la conversation tomba sur Tacite, Salluste, Sénèque, Burlamaquy, Puffendorf, tous écrivains que le roi connaissait à fond, et qu’il citait avec une grande précision.
On parla ensuite de la médecine, et de Mesmer; J’aurais bien voulu, dit le roi, voir quelques-unes de ses opérations. Chaumette


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répondit: << Depuis qu’on a voulu me payer pour écrire en faveur de Mesmer, j’ai senti qu’il y avait du charlatanisme. – Mais vous n’étiez pas ici, M. Chaumette, du temps de Mesmer; car vous m’avez dit que vous vous étiez embarqué avec Delamotte-Piquet.
Le roi avait froid: il pria Colombeau, secrétaire, de lever la glace. – Non, dit Chaumette, cela pourrait faire un mauvais effet. – Cela est vrai, répondit le roi; puis il raconta l’accident arrivé au municipal Meunier, tué dans une visite domiciliaire; et à cette occasion, il remarqua que toutes les fenêtres étaient fermées, et en témoigna sa reconnaissance.
En passant devant le dépôt des gardes françaises, le roi fut étonné de le trouver métamorphosé en un très beau bâtiment.
Il dit au secrétaire, qui avait son chapeau sur la tête : << La dernière fois que vous êtes venu, vous aviez oublié votre chapeau: cette fois-ci vous avez été plus soigneux.
Ensuite il parla des hôpitaux, et émit son vœu pour qu’il y en eût dans chaque section.
Le secrétaire-greffier saluait beaucoup de monde; le roi lui dit: Ce sont sans doute des personnes de votre section. – Non, répliqua


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le secrétaire, ce sont des membres du conseil du 10 août, que je vois avec plaisir.
Ces détails doivent intéresser ceux qui croyaient que Louis XVI n’était qu’un roi végétant.
Dumourier arrive à Paris: il savait que la mort du roi était certaine, et il avait une grande force, comme une grande influence; on a cru qu’il ferait quelques tentatives, mais il était du parti d’Orléans, malgré son manifeste contre les jacobins (1).
Les Anglais savaient que la mort du roi était décidée. Fox, quoique du parti de l’opposition, fit un trait qui mérite d’être connu.
Il proposa une ambassade de l’Angleterre à la France, pour demander le transport de Louis XVI dans leur île, avec promesse de le tenir prisonnier.


(1) Des faits incontestables prouvent que Dumourier était orléaniste; il provoqua la guerre pour favoriser ce parti; il entraîna dans son camp, toutes les prostituées du duc d’Orléans; il se chargea du duc de Chartres, qu’il montrait aux soldats avec complaisance; il faisait retenir les journaux des vertus de son jeune héros.
Narbonne était encore de ce parti: c’était un impudent qui disposait de la liste civile, comme si elle eût été sa propriété.