Jean- en – Royant, vous répétera ce que je viens de vous dire, c’est un fait notoire.

En retournant chez le maire, nous passons près d’une très longue allée d’arbres. – Voyez-vous , me dit-il, un homme qui entre dans cette allée ? – Oui, mais bien faiblement. – Eh bien ! cet homme est Bléton, voici une bonne occasion de vous montrer ce qu’il sait faire. Avez-vous de l’argent sur vous ? – Oui , j’ai huit écus de six francs ; donnez m’en quatre , je vais les cacher sous la poussière, faites la même chose de votre côté ; prenez une ligne droite pour les trouver plus facilement. Bléton arrive. – Mon ami, lui dit le maire , nous cherchons de l’argent que monsieur a perdu . Il faut que tu le retrouves ; il est sur deux lignes, en voici une , monsieur t’indiquera l’autre. Bléton parcourt la première ligne, en mettant un pied au bout de l’autre. Il s’arrête. – J’ai une pièce sous mon pied droit ; elle y était… Il marche, en voilà une autre. – Sous quel pied ? – Sous le même, je la ramasse. Les deux autres pièces furent trouvées de même. Je doutais encore ; mais quand il eut trouvé mes quatre écus sans se tromper une seule fois, malgré les précautions ue j’avais prises , même contre mon conducteur, l’incrédulité disparut.

Je soupe avec Bléton chez le maire de St-Jean- en Royant, et je lui parle du prieur Marin. – Je le connais beaucoup ,c’est un brave homme ; il a la même organisation que moi, et nous sommes toujours d’accord. – Je compte aller le voir demain.- Je sais que son prieuré est sur une assez haute montagne que l’on appelle Antun. – Si vous le permettez , j’aurai l’honneur de vous accompagner. – Je le veux bien, mais à condition que vous ne paraîtrez qu’une heure après moi. – Soit, j’ai en route , un point de repos.

Nous partons , au lever du soleil, à pied ; j’aperçois un moulin à eau à une assez grande distance. - Vous me dîtes , j’espère , monsieur Bléton,

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