
nuisible ; je suis à mon troisième essai ; je le verrai un instant , et puis nous ferons une bonne course.
Nous arrivons chez monsieur de Fénelon ; il avit une jaunisse couleur d’olive, ne digérait rein, et ressemblait à un cadavre.
Nous restons chez lui une demi-heure pendant laquelle le malade cracha plus de trente fois. Le docteur écrivait , lorsque je dis : « Mais , monsieur , crachez-vous toujours comme cela ? -Oui, jour et nuit. – Comment pourriez-vous digérer ? vous ôtez à votre estomac toutes ses ressources. »
Le médecin quitte sa plume, reste un instant pensif, et dit : « Il est bien étonnant que cette observation m’est échappé, Crommelin a raison, et je n’ai rein à ordonner que de vous inviter à ne plus cracher. – Ma salive a un mauvais goût. – Elle la perdra quand vous digérerez ; je vous recommande de l’avaler et d’être rigoureusement strict sur ce point. »
Monsieur de Fénelon revint à vue d’œil , digéra, perdit sa jaunisse et recouvra la santé.
Le docteur François n’avait pas la petitesse de ses confrères .Il appelait empoisonneurs ceux qui donnent des conseils sur la santé ab hoe et ab hae, et croyant qu’un remède qui a réussi dans un cas, doit réussir dans tous, mais une idée lumineuse, n’importe de qui elle vint, le frappait et il l’approuvait ouvertement .
On l’ félicité sur la cure de monsieur de Fénelon. « Ce n’est , par Dieu ! pas moi qui l’ai guéri , répondait-il, c’est Crommelin ».Nous fûmes voir l’autre malade ; c’était un jeune homme de vingt ans. – Hé bien ! avez-vous été purgé ? – Point du tout. – Comment vous trouvez-vous ? – Mieux. – Avez-vous eu des tranchées ? – Aucunes, mais en urinant, j’éprouve des cuissons.– Voyons vos urines . Elles étaient coagulées , comme la colle forte l’est, dans le pot à colle d’un menuisier. – Voilà, dit le docteur, un effet nouveau pour moi … Mon ami, vous digérez les médecines, comme les autres les aliments,