avec les ennemis, si nous étions sortis de la ville, à coup sûr, dans l’effervescence du moment, on aurait tiré sur nous.

Le bruit court que nous avons des dépôts d’armes ; on vient faire des perquisitions ; on ouvre nos armoires, nos commodes ; on visite nos paillasses , on ne trouve rien , et le bourdonnement cesse. Croirait-on que le Savoyard dont j’ai parlé , était le moteur de tous ces mouvements. Un atome corrompu gâte la masse du sang. J’étais tenu de payer quinze bridges et je n’avis pas de fonds, il leur était dû plusieurs mois, et chaque employé devait ; on les chassait de leurs logements , on les traquait , on leur refusait du pain, de la farine, du bois et il faisait froid.

L’humanité me fait voler à leur secours à mes risques périls et fortune ; je me rends caution de leurs dettes jusqu’à la concurrence de ce qui leur est dû, et je les fais rentre chez eux. Depuis l’origine des assignats , je n’avais pas pu les payer en papier ; il fallait que j’achetasse de l’argent ; j’en ai fait part aux autorités compétentes ; cette cause fut plaidée par les fermiers qui travaillaient avec le ministre Lessart et il ne fut pas assuré , que sur les livres d’escompte bien en règle , ces frais me seraient payés ; il le furent par monsieur Tarbé, qui, appréciant ma conduite, mes procédés et ma confiance , a joint ( à la sollicitation des fermiers –généraux) une gratification qui m’indemnisait d’une partie de mes pertes.

Voici la lettre que la compagnie m’écrivit à cet égard .

« L’estime , Monsieur , que vous vous êtes acquise par votre conduite, par votre courage, votre humanité et votre confiance dans notre justice, nous a déterminés à en rendre compte au ministre. Nous vous annonçons avec la plus grande satisfaction que votre réclamation pour escompte d’assignats montante à 3316 francs , a été reconnue , et comme

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