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et la donna à un de ses secrétaires, qui, un moment après, lui dit: "Voilà un des nôtres." Robespierre me grinça un sourire, et me demanda mon adresse, je sortis assez mécontent de l'opinion que j'avais laissée.

Le lendemain, le secrétaire vint me trouver, et d'un ton familier me demanda à déjeuner. Votre confrère de l'Académie d'Arras, me dit-il, m'a chargé de vous faire ses compliments. Nous causons en déjeunant. - "Vous pouvez, monsieur, me dit-il, gagner facilement de l'argent, obtenir des places, un logement, et de la considération. - Que faut-il faire, monsieur, pour mériter tant de faveurs ? - Rédiger vingt-cinq ou trente pages par semaine, dont on vous fournira les matériaux; peut-être travaillerez vous avec 'Camille Desmoulins'. (Celui-ci était un gredin insolent, né à Guise, lancé par Mirabeau dans la carrière de la révolution que je méprisais). - Monsieur, je ne suis point écrivain, et n'entendant rien à la politique actuelle, je ne pourrais que divaguer. - Vous aurez des canevas. - Je vous supplie de remercier monsieur Robespierre de la bonne idée qu'il a de mes faibles talents, et plus fortement encore de ses bonnes dispositions pour moi; informez- le que j'ai une mission importante et qu'il ne m'est pas possible d'accepter ses bontés.

Si j'avais demandé provisoirement une place d'administrateur des domaines, je l'aurais obtenue. L'émissaire fronça le sourcil et me dit assez sèchement qu'il rendrait compte de mon refus; il sortit et me laissa très-inquiet, car, refuser alors d'entrer dans l'antre infernal des Jacobins, c'était se rendre suspect(1). Je reviens à St. Germain. Enfin la liste civile est réunie aux domaines, et d'administrateur que

(1) Vingt personnes que je pourrais nommer, échappés à la chapelle publique, n'ont pas eu la même délicatesse.

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