me dit ; c’est mon espoir , c’est mon tourment. J’ai senti qu’elle parlait de sa fille, et que cette corde était celle qui fallait toucher. Rentré dans ma chambre, j’écrivis le couplet suivant (Je savais qu’elle aimait autant l’air de la marseillaise qu ‘elle en détestait les paroles) .

Objet de ma vive tendresse,
Qui t’es échappé de mes bras,
Ton image me suit sans cesse,
A ma voix, tu ne reviens pas ( bis)
En suivant ta triste carrière,
Puisses-tu chérir ses liens,
Entre tes transports et les miens,
L’espace a mis une barrière,
Adelle mon espoir, Adelle mon tourment,
Reviens( bis ) mon cœur flétri n’attends que ce moment.

Je retourne chez elle , je lui chante ce couplet. Elle pleure et me le fait répéter , ce qui la soulage. Cette respectable dame et son mari périrent parce qu’ils étaient propriétaires du meilleur vin de Bordeaux.

Monsieur le Marquis de N……. menait dans la prison une vie très retirée , mais il recevait avec distinction les membres du comité. Moi, je leur aurais jeté de l’argent , comme on jette du pain aux chiens.

Madame permettait que je lui fasse ma cour ; j’ai fait quelques vers pour elle, et elle daigna me répondre dans la même langue. Si j’ose retirer ses vers de mon porte-feuille , c’est qu’ils montrent ses talents poétiques, de la délicatesse, un langage pur et des ressources dans l’imagination pour dire des choses honnêtes.

Sur l’air : O ma tendre musette
C. du vrai sage,
Nous trace le portrait,
Son ton et son langage,
Le peignent tait pour trait,
Chez lui le bienfaisance,
Ajoute à son bonheur,
Sa seule récompense,
Est dans son propre cœur .

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