
garant des accidents , j’obéis. . Au lieu de constater si le district à le droit qu’il s’arroge , on me punit en rayant cette dépense de mes comptes , malgré la sommation du district.
Une crevasse menaçante dans un vaste bâtiment rempli de locataires arrive soudainement , je fais étayer et me rends au département. De quoi te mêles-tu ? me dis une voix .- Je me mêle de la vie de quarante personnes . – Qu’est-ce que cela te fait ? …… Mes frais ne me sont point remboursés.
J’ai vu ordonner à un huissier d’aller faire une saisie chez une femme en couche, pour une dette douteuse et d’humeur ; l’huissier ne voulut point se prêter à cette infamie.
J’ai vu saisir des lits d’enfants chez un cordonnier sorti d’un logement qui n’était ni clos ni couvert, où des soldats , la nuit , avaient enlevé tout ce qu’il possédait , on lui devait indemnité et on l’exécutait.
J’ai vu attaquer un marchand de bois , pour payer ce qu’il ne devait pas ; justice lui ayant été rendue par le département et le directeur , j’ai entendu dire par l’inspecteur que cet acte d’équité était une bêtise de commère.
J’ai vu ce même homme faire le métier d’espion pour savoir si un libraire ne vendait pas du papier timbré. Qu’il emploie un commissaire, soit ! mais le faire lui-même, c’est dégrader sa place. J’ai vu un autre inspecteur surprendre les papiers d’un notaire probe ( sous le masque de la bonne foi ) pour lui faire payer une amende excessive fondée sur une loi révolutionnaire ; mais le notaire fut plus fin que lui . Voilà ce qui s’appelle zèle ; on peut donc assurer qu’un préposé , loué comme zèle , est un homme sans délicatesse , sans moralité , et presque toujours sans esprit ; qu’est-il donc, c’est un instrument fiscal comme le davier est celui d’ un arracheur de dents . Messieurs les régisseurs savent cela ; sans doute ils ont vu moins d’inconvénients à entretenir cette ferveur , qu’à propager une sagesse