
l’ordre où le hasard las aura placées. » - Cela n’est pas possible ! – Essayez . Je sors de la salle, et enfile l’escalier ; on disserte , on m’attend, on s’impatiente ; pendant ce temps , j’écrivais dans un café voisin. Le domestique arrive . –Où est donc votre Français ?. –Il est sorti ; voici un billet qu’il vous envoie. On l’ouvre et on lit : « Nécessité n’a point de loin ;
En vous quittant monsieur , j’obéis à sa voix
Vos dîners sont joyeux, aimables,
Je les trouverai délectables ,
Si l’on n’était pas enfermé ;
Et je tiens du docteur Carouge
Que le vin blanc semble de rouge
Peut assommer un enrhumé.
Je joignis de remerciements des vœux des excuses.Ma fugue ne fut point mal prise, parce que j’avis une toux violente , et que je devais m’embarquer la même nuit, mais le tour de cartes a circulé , et j’ai su qu’on en avait beaucoup ri .
Le docteur Carouge était un jeune médecin , à côté de qui j’étais logé ; voici un événement dont j’ai été témoin chez notre hôtesse.
Cette dame m’envoya prier le soir , de venir boire le th é avec elle . Arrive un maître perruquier , petit et maigre avec une perruque pour le docteur ; on le prie d’attendre , on lui offre une tasse de thé ; il se lève, la prend ; la laisse tomber , et tombe lui-même. Je prie les dames de se retirer , et d’envoyer chercher le chirurgien. Le secours ne venant point, je prends le parti de le saigner sur une ancienne cicatrice ; faute de lancette , je me servis d’un bon canif très pointu ; il me parut que quelques gouttes de sang ; alors je fis jeter sur les épaules ,du patient, une demi-tasse d’eau bouillante ; s il est mort, disais-je , cela ne lui fera ni bien ni mal , s’il