
offre. Me voilà couché avec une jolie fille , mais bien incapable de malice. Nous restâmes près de vingt heures ensemble, vomissant alternativement , et je ne fus pas inutile à ma compagne, au moins pour lui tenir le tête. Enfin , elle s’endormit, moi aussi , et nous dormîmes quatorze heures. J’ai vécu à Dublin avec cette famille, on fit des plaisanteries sur le temps que la demoiselle et moi avions passé ensemble , et j’ai tout lieu de croire que cette jeune personne serait devenue ma femme , si je n’avais pas été marié ; J’appris bientôt que les délégations de Stèele ne valaient rien, et que probablement le bond (1) ne serait pas payé , on me pronostiqua même , que je ne retrouverais à Londres, ni Stèele , ni Richard Béhan, j’y revins cependant , pour faire mes diligences ; en effet mes deux débiteurs n’y étaient plus. Je les dénonçai , Stèele fut pris en pilorié, Béhan se sauva. Heureusement je tenais pour près de 400 mille francs de marchandises, et c’était un grand coup pour leurs créanciers.
Une cousine germaine de mon père, fille de cette même tante qui lui avait fait perdre 100 mille francs , gouvernait une assez bonne maison par le secours d’un commis très intelligent , nommé John . Cette cousine tome malade , meurt , et ne laisse qu’une sœur infirme ; je vais trouver John , et lui demande un compte courant. Je m’arrange , me dit-il pour tout liquider , il y a des fonds à recouvrer ; et j’espère vous solder dans huit ou dix jours , alors vous aurez le compte que vous demandez ; pressé de partir, je retourne chez monsieur John , et j’apprends avec indignation , que pour travailler, a-t-il dit , plus à son aise , il a emporté chez lui les livres de compte et la caisse. Un pressentiment me donne une très vive inquiétude , et je le communique à ma cousine ; je me rends chez John
(1 ) un bord est une obligation notariée.