
DEUXIEME PARTIE
Quand on beaucoup de désirs, on manque de beaucoup de choses. On est vraiment heureux quand un dieu, peu libérable , nous donne précisément ce qui suffit. D’après Horace , Od. XI, Liv III
La place que la compagnie me donna était à Autun en bourgogne, ville agréablement située, voisine des grands vignobles, et pleine de monument antique.
Pour y dépenser mille écus, en menant une excellente vie de garçons, il aurait fallu que je jetasse vingt – cinq louis par la fenêtre. Le bois valait huit francs la corde ; le vin d’ordinaire deux sols la bouteille, un logement meublé commode, moins de cinquante écus de location, les déjeuners , dîners toujours ensemble, trente – six francs par mois , le taux des jeux dans les meilleures sociétés était un liard la fiche . Je me croyais dans le pays de Cocagne.
Je ne proposai point à ma femme d’y venir parce que sa mère , très délicate , et une tante âgée ; avaient besoin de ses soins ; j’avance sans crainte d’être démenti, que la divinité à laquelle j’ai fait le plus de sacrifices dans le cour de ma vie , c’est l’amitié , mais rien ne se perd dans le domaine du sentiment , j’ai été bien payé de retour.
Mon début à Autun , fut très désagréable ; le malheur voulait que je déplaçasse un vieillard, menacé depuis longtemps, parce que son bureau allait mal ; ce n’était pas de sa faute ; il avait un fils joueur .
Le vieux bonhomme pleura, lorsque je lui exhibai ma commission. – Avez-vous monsieur des protecteurs , et pouvez-vous nous procurer les