
Je lui offre mon appartement , et nous voilà en connaissance. On devait m’administrer les ventouses à l’épaule, la marquise vint me trouver et me dit : vous êtes homme ; vous souffrirez avec courage ; je vous prie de permettre que ma fille voie l’opération ; elle ne veut pas en entendre parler ; je crois que votre force sera un moyen pour la déterminer . – Je veux bien , madame et vous serez contente de moi. Je chantai un duo avec la jeune personne, tandis que l’on me faisait les scarifications, pour placer huit ventouses ; la demoiselle prit son parti, mais elle ne chanta point , et me nomma l’homme de bois. Bourbon – Lancy n’a aucune ressource pour les voyageurs , il fallait que je partisse , et il ne s’y trouvait pas un seul cheval. J’appris qu’il y en avait un aux Capucins ; je fus trouver le père gardien , et je lui remis un louis , pour dire des messes en faveur des âmes du purgatoire, ensuite je lui contai mon embarras. Le gardien , de son propre mouvement, m’offrit son cheval , et un capucin pour me conduire dans la charette du couvent.
Bourbon – Lancy jusqu’à Luzy , il y avait neuf lieues, je fis cette route, pris pour un criminel que l’on allait pendre ; un voyageur à pied, fatigué ,monta dans la charrette ; il eut l’avantage d’être pris pour le bourreau. Me voilà de retour à Autun, à la porte de la maison de jeu. J’avais fait la connaissance du curé de Bourbon – Lancy ; je vois descendre sur la terrasse , un homme qui lui ressemblait beaucoup ; je lui crie, Ah ! bonjour monsieur le curé , et je l’aborde d’un air riant. C’était un seigneur casanier, en deuil , et comme le mot curé à Autun , est employé pour dépouillé , dévalisé , et que le monsieur venait de perdre tout son argent , l’expression le choqua ; il crut que le plaisantais sur son malheur , et me bourra si fort, que je fus obligé de me défendre. Des spectateurs accoururent ; un notaire qui avait servi , se mit entre nous deux. –De quoi est-il question ? - J’ai pris monsieur pour le curé de Bourbon – Lancy voilà tout….