C'est pour n'ennuyer personne que je me suis fait le plastron de mes goûts, de mes caprices, de mon imagination vagabonde.

En essayant presque tous les genres de talens, je n'ai communiqué à personne l'audace de mes conceptions. Aurais je hasardé le buste d'une autre personne que moi? l'amour-propre s'y serait opposé.

Quand on entreprend ce que l'on ne sait pas, il faut avoir une volonté ferme, et le coup-d'oeil juste; il faut savoir revenir sur ses pas vingt fois de suite, et forcer la main à obéir (je parle des arts imitateurs), avec ces dispositions, il est certain que l'on franchira les premières difficultés, qui sont les ples effrayantes. Si l'on réussir, on gagné un talent; si l'on ne réussit point, rien n'obligé de prendre des confidents; mais il ne faut pas considérer le temps employé de cette manière comme perdu. L'idée de la difficulté reste, elle donne des bases pour apprécier les arts, et la sphère des connaissances aggrandit.

C'est une.... de croire que l'imitation parfaite ... frappe tout le monde, et que l'avantage du connaisseur, se borne à distinguer les nuances de perfections depuis le médiocre jusqu'au dernier degré; si l'on vent s'assurer du contraire, que l'on mette la transfiguration de Raphael, à coté d'un grand dessus de porte de Boucher, bien chargé de bergers, de bergeres, couleur de rose, d'outremer et de carmin; je dis que sur cent passans qui s'arrêteront, quatre-vingt-dix-neuf regarderont les brillantes couleurs, et ne feront aucune attention au chef d'oeuvre.

On nait artiste, on devient connaisseur; l'un doit avoir le coup d'oeil fin, de l'adresse, une imagination assez vive pour sentir l'effet avant qu'il existe; l'autre n'a qu'un jugement sain, fondé sur l'expérience; il ne voit que ce qui est, mais l'artiste même, ne saisit pas les défauts aussi bien que lui. Pourquoi cela? C'est qu'il est moins facile de

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