
et trouva une résistance à laquelle il ne s'attendait pas. Mademoiselle Dolbreuse partit secrètement, et motiva par une lettre à la Duchesse, la cause de son éloignement; elle fut aussitôt rappellée, et le Duc lui dit, "Puisque vous etes dame et fille d'honneur, je promets de respecter vos vertus."
La Duchesse mourut et laissa deux enfants; alors le Duc (toujours amoureux) proposa à Mademoiselle Dolbreuse de l'épouser de la main gauche; car, en Allemagne, on est très-scrupuleux sur les alliances à cause des quartiers de noblesse. J'ai lu à Orleans la lettre de Mademoiselle Dolbreuse à mon oncle le Docteur Pajon, et j'ai vu la réponse de l'oncle a sa nièce. Il lui mandait "que le marriage de la main gauche valait celui de la main droite, en qualité d'épouse; que la seule différence se rapportait au titre; qu'elle serait femme légitime du Duc, mais non Duchesse; qu'il n'y avait rien dans un pareil mariage, qui put allarmer sa conscience; qu'au surplus il connaissait sa prudence et sa sagesse." Ces papiers étaient à Orleans chez Monsieur Pajon, mon parent, professeur en droit, qui n'a pas jugé à propos de m'en donner copie.
Mademoiselle Dolbreuse épousa le Duc de la main gauche et en eut deux filles; peu après la naissance de la cadette, le Duc perdit ses deux enfans du premier lit. Voulant reconnoitre ceux du second, il sollicita, pour sa femme, le titre de Princesse de l'empire, et l'obtint; alors le mariage se fit de la main droite avec solemnité, et Madame de Zell devint Duchesse: l'ainé des deux filles épousa Frederic Ier., électeur de Brandebourg, créé roi de Prusse en 1706; l'autre épousa l'électeur de Hanovre, devenu George Ier., roi d'Angleterre. Je me tairais sur ce fait, si je pouvais douter que je fusse l'arrière-petit-fils du Docteur Pajon, et si je n'avais lu les pièces originales, On, qu'était la nièce de mon bisayeul à mon père? sa grand tante; cela n'est pas éloigné, quant à la
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