
soit protégé.
Après avoir fait connaitre mes ancêtres, je vais parler do moi; pardon à mes lecteurs si je laisse échapper de ma plume quelques traits de mon enfance. Né très delicat, à 7 ans je ne savais pas lire, mais la nature fit pour moi un très grand effort; à 10 je courais comme un chevreuil, je grimpais comme un chat, je nageois comme un poisson, et je faisais bien des fredaines. Ces petits détails son peu intéressans, je l'avone, mais
1. ma vie n'est point celle d'un homme illustre
2. je n'écris pas pour le public
3. quelques traits on le cachet de l'originalité, et d'ailleurs, ils ont des rapports avec les caracteres opposès de mon père et de ma mère: l'un était un philosophe sage, indulgent, un observateur èclaire, qui ayant étudié les hommes, savait ce que deviennent les goûts, les passions, les inclinations, les caractères des enfans; il les redressait avec sagacité, ne les contrariait point, et ne se trompait jamais sur les pronostics; vingt exemples m'ont prouvé la sureté de ses jugemens.Ma mère, d'une vivacité pétulente, avait les manies de son tems; ne calculant point la nécessité du mouvement, elle exisgeait trop, et croyait à l'efficacité des punitions sevères. Ordinairement elle les exécutait le matin. Un jour, je l'entends venir; j'ouvre ma fenêtre, et je me suspends à une goutière; mon père me voit, arrive tremblant et pâle, me passe sa ceinture sous les bras, et appelle du secours. Le danger que j'avais couru donna une leçon à ma mère, mais elle eut recours à un autre moyen, celui d'employer mon maître de latin; une espèce d'instinct m'en donna le soupçon; l'idée me vint d'acheter une image de Saint-Claude, et de la coller sur la partie que M. Claude Martinsort devait decouvrir: en effet, après la classe, il me prie de rester et de lui éviter une partie de la cérémonie; je lui montre son patron et le supplie de le respecter; il prend une plume, écrit, et en éclatant de rire, me dit: "Portez cel à votre papa,