ils manquaient d'interprêtes; mon père le fut pour toutes les nations. Les magistrats, émerveillés, lui offrirent la retribution due à la masse des nterprètes, qu'il refusa; mais il fut obligé d'accepter un repas et un petit tableau de Vandyk, dont j'aurai peut-être occasion de parler. Mon grand père paternel mourut tandis que son fils etait en voyages; alors son ancien commis, devenu associé, transporta chez lui toutes les affaires. Mon père arrive; on lui dit que la societe n'existe plus; il demande ce qui lui revient; on le paye en billets de banque, qui fondirent dans ses mains comme nous avons vu les assignats et les mandats. Cet ancien commis, devenu chef de la maison Crommelin, fit venire quatre de ses neveaux du Languedoc, et laissa à l'aîné une fortune immense. Celui-ci épousa la plus riche financière de Paris, prêta des fonds considérables à ses frères, qui, ayant travaillé utilement, ont fait de grosses maisons.

Comme il y avait des rapports de parentée entre l'oncle des quatre frères et moi, puisqu'il avait épousé ma tante, j'ai en des relations avec de grandes families françaises qui ont préféré la fortune aux titres. Voilà ce qui fait les melanges dont j'ai parlé.

Mon père, encore jeune, arrive de ses voyages, trouve les allaires du sien transplantées, et sa fortune très réduite. Il se marie, et sur son nom forme une maison qui eut des succès; mais par la suite, jamais homme ne fut plus malheureux; sa propre tante paternelle lui fit perdre à Londres plus de cent mille francs. Des spéculations bien calculées, bien vues, rapportaient de gros capitaux, lorsque les Anglais, sans déclaration de guerre, prirent la majeure partie de sa fortune. Un de ses concitoyens, établi à Cadix, se charges de gros assortiments, mourut vieux garçon, laissa sa fortune à un avanturier, qui mit le teu à tous les magasins; et pour ne payer personne, répandit le bruit qu'il avait tout perdu. En France on aurait epluche une pareille affaire; mais en Espagne il suffit qu'un fripon

Prev RETURN Next