
et je dis d’un ton calme, « il faut avoir un bien mauvais esprit pour prendre en mauvaise part une chose aussi frappante « . On se douta de ce qui s’était passé , et j’ai été approuvé. Cet homme était un aubergiste de Macon ; le hasard voulut qu’un de mes amis , allât loger chez lui, et que l’histoire fut racontée à table par lui-même ; mon ami lui apprit qu’il connaissait le gesticulateur. – Ma foi, j’avis tort, faîtes-lui mes compliments , et ajoutez que j’ai une bouteille de bon vin à son service ». J’ai passé par Macon, mais je n’ai pas accepté la politesse.
Il y a dans le Morvand une quantité de mines de fer, ; une société voulant établir une forge, manquait d’eau , alors Bléton, dauphinois , jouissait de la plus grande réputation.
Un ami vint me supplier d’aller voir ce homme sur les lieux ; de le suivre dans ses opérations pour savoir, au moins , jusqu’où la confiance dans cet homme peut aller, m’offrant au surplus, le remboursement de mes dépenses. Quoiqu’il fit très froid, la curiosité jointe au désir d’obliger, me fis accepter la proposition. Je pars, j’arrive à Lyon, je me rends à Romans, où je prends des informations sur Bléton. – C’est un dieu, me dit mon hôte ; voilà une fontaine publique due à ses connaissances, et voilà un puits dont il a trouvé la source qui augmente de moitié la valeur de ma maison. Avant ce bienfaiteur, il fallait aller chercher de l’eau dans le Rhône. »
Je liai conversation avec un ecclésiastique qui me donna une lettre pour le Prieur des chartreux de Lyon, et une autre pour le maire de St – Jean en Royant, patrie de Bléton ;
Je pars le lendemain ; il fallait gravir une montagne très élevée et couverte de neige.
Le vent était de bise, l’air vif, le froid me saisit ,mes mains blanchissent, mes forces diminuent , un point de côté survient . Voilà, dis-je , l’effet d’une transpiration répercutée et