
Un moissonneur à qui l’on voulait absolument couper le pouce vint me trouver , huit ou dix jours avant la moisson, et je l’ai guéri en une semaine . Une femme avait un mal de sein très violent qui durait depuis longtemps, probablement c’était du fait engorgé et corrompu. Je palpai le sein en plusieurs endroits, et je m’aperçus qu’il y avait une inflammation interne , je lui donnait de l’onguent et du cuir. Deux jours après, je vois venir cette femme appuyée sur deux personnes. La frayeur s’empare de moi…Elle entre. – « Monsieur, je n’en puis plus ! – Qu’est-ce que c’est ! – Votre onguent ! – Je viens mourir chez vous ». Je la fais asseoir, je lui fais respirer de l’alkali volatil. Dans l’instant je vois mon parquet couvert d’une matière blanche. La femme se lève, et dit : je ne souffre plus, à la vérité, elle laissait partout des traces d’un pus fétide qui coulait comme une fontaine ; j’envoie chez elle chercher du linge, je la laisse avec les deux femmes, je reviens quand elle est habillée , son sein avait percé en dessous, et la malheureuse retourna chez elle guérie . Continuez l’onguent, lui dis-je ; il fera sortir ce qui peut rester , et fermera la plaie après la suppuration.
On allait couper , à l’hôpital, la main d’une fille de campagne, négligée, gangrenée, enflée à l’épaisseur au moins de quatre pouces ( cette maladie dans le pays, s’appelle le fourcher ; j’en ignore le nom technique ) les scapels, grattoirs, scies, etc., étaient en évidence, lorsqu’une maladie cria de son lit, avez-vous vu monsieur Crommelin ? Animée par un léger rayon d’espoir, la malheureuse saute à bas de son lit, traverse la salle, enfile la port, la rue, un pont, gagne le rempart et arriva chez moi, comme une perdrix poursuivie par un épervier. Je la crois folle et la repousse. – « On veut couper ma main , de grâce, monsieur ! ayez pitié de moi. – D’où venez –vous ? de l’hôpital…. L’espérance m’a donné des forces » . J’examine sa main. –« Il y a bien du mal, mon cher enfant ; mais,