
-Tout de suite ». Nous sortons, je le mène près du rempart, très peu éloigné ; un marchand de bas , nous voyant venir, se cache derrière un arbre pour nous écouter. – « Vous êtes dans ce moment , monsieur, homme d’épée ; j’ai la mienne , et vous avez la votre, je vous propose de nous couper la gorge . – Je ne le puis dans ce moment, c’est demain ,jour d’audience, j’ai une grande affaire à rapporter. – Bon ! c’est demain, jour de grenier …. Chacun a ses affaires ; ce sera donc à trois heures dans le bois de …. – Ha ! mon cher Crommelin, si vous saviez l’estime , le respect, la vénération que j’ai pour vous, vous cesseriez de m’en vouloir. – Propos de lâche, ou de fourbe, qui sait faire le mal, sans avoir l’énergie convenable pour le réparer. – Que vous ai-je fait ? – Une abomination ; vous avez pris le parti du vice ; vous avez voulu me perdre, pour favoriser deux scélérats que vous connaissez aussi bien que moi, puisque vous avez des yeux et puis des oreilles. Au reste , le vin est versé, vous le boirez ou je vous crache au visage… Demain à trois heures ; j’aurai épée et pistolets ; apportez ce qu’il vous faut ».
Je fus au bois ; j’y vis le marchand de bas qui nous avait entendu ; mais monsieur Saulce, devenu homme de robe, ne parut point , et je n’ai jamais cessé de le mépriser, ce fut lui, le Bailly, ou mon commis, qui m’accusèrent d’avoir soulevé un régiment. On verra plus tard, comment je me suis tiré de cette affaire.
J’étais connu à Guise et dans les environs, par des cures merveilleuses que j’avais faites avec un onguent de famille donné il y a plus de cent cinquante ans, par un médecin hongrois. J’en faisais deux fois, par an, une assez grande quantité pour n’en refuser à personne de la ville ou de la campagne. Les clous, les panaris, les apostèmes, les abcès, les maux de sein avec inflammation, se guérissaient infailliblement.