
plus en campagne, sans être munis de mon onguent , et j’ose croire que depuis mon absence, sa réputation, ne s’est pas démentie, on l’appela l’onguent Crommelin.
J’ai cru faire un présent à l’hôpital de St- Germain en lui donnant ma recette, mais les médecins des environs de Paris, n’aiment pas les remèdes donnés par des particuliers, fussent-ils les meilleurs possibles ; je doute très fort que l’on ait fait l’essai du remède. C’est ainsi , que du temps de Louis XIV, on appelait fou , celui qui prenait l’émétique , parce que la faculté ne l’avait pas encore admis ; c’est ainsi que la vaccine trouve encore des contradicteurs, malgré les succès les mieux constatés.
Ce fut en 1789 que la Révolution française commença par la deuxième Assemblée des Notables , la première n’ayant produit. L’enthousiasme fut presque général, mais j’ai senti, j’ose le dire, ce qu’elle allait devenir par l’interprétation que la populace donna aux mots liberté et égalité, et par l’insolence qui en fut la suite. Un nouveau Contrôleur des Fermes générales arriva vers cette époque, il se nommait Beaufils, et Guise était sa résidence à cause des frontières. Chargé d’une famille nombreuse, et ne trouvant pas un logement qui lui convint, il loua le vieux château de Wiège, village de la Thierrache, situé à une lieue et demie de la ville ; ce château et ce village appartenait à monsieur le comte de Lamark.
Voici un événement assez frappant qui m’arriva en 1791..
Madame de Beaufils m’ayant invité à plusieurs reprises d’aller dîner avec elle , je m’y rendis à pied, un dimanche au matin.
Ne trouvant point de canne, l’idée me vint de prendre mon épée, et de m’en servir comme d’un bâton. Nous allons à l’église ; les paysans avaient un air sombre ; le bedeau passe près de nous sans nous présenter la patène. En sortant de l’église, ils