
voilà le capitaine Blain qui vous accompagnera . nous partons un peu tard, j’arrive au bois, le soleil se couchait, Blain me fait observer à cent pas , en plus, trois hommes armés de fusils. Je m’arrête. « - Ce ne sont pas des voleurs ; ils ne se montrent pas. Ce ne sont pas des chasseurs ; ce sont donc des paysans qui ont de mauvaises intentions ; si nous retournons , je vois du danger ; si nous entrons dans le bois, ces trois hommes se cacheront et nous attendrons ….. Il n’y a pas deux partis à prendre, il faut fondre sur ces coquins -là… Puis-je compter suer vous ? Je marche le premier, paraissez avoir un pistolet à la main, moi j’ai mon épée ». Nous croisons le chemin en diagonale, et je vois les trois assassins prendre la fuite ; sans doute ces sauvages Thiérachiens me croyant sorcier, ont pensé que j’avais le diable dans ma poche. Ce trait digne de Don Quichotte, a été raconté à madame Lemaire , mon hôtesse, par Beaufils lui-même , qui dans le temps de la terreur , est venu à St-Germain me demander à dîner.
Le sel fixé à six sols , l’importation n’en était plus permise, mais le mot liberté , faute d’acceptation déterminée , était plus fort que ces lois. Voilà pourquoi le savoyard à qui je donnais vingt-quatre sols pour frotter ma salle , voulut avoir douze francs , et pour les obtenir , tira contre moi un couteau , que je lui arrachai des mains. Il ameute le peuple ; ma maison est cernée ; je me présente et dis : « Messieurs et dames ; il y a cinq ans que ce savoyard travaille pour moi, au prix de vingt-quatre sols pour une heure ; voilà douze francs qu’il me demande . Si vous trouvez la chose juste, ayez, je vous prie , la bonté de lui remettre ». Quatre ou cinq minutes après , une assez nombreuse compagnie m’apporta dix livre seize sols, et me dit que l’on avait fait justice du savoyard. Je ne pris point l’argent , pour prouver qu’il n’entrait point dans la question. Si j’avais argumenté , peut-être aurait-on piller ma caisse… Voilà le peuple.