
J’avais un peu plus de quatorze ans lorsqu’un Allemand nommé Goring , correspondant de mon père , arrive à la maison ; il était riche et grand connaisseur en tableaux. Quand on lui montrait quelque chose qui lui faisait plaisir , sa manie était de dire ; « J’accepte ; c’est pour mon petit-fils Jean- Frédéric ».Il accepta le petit Vandyck donné à mon père par la municipalité de Livourne , et même une assez grandes quantités d’estampes qui m’appartenaient ; il crut , s ‘acquitter par une commission considérable , mais ne me trouvant rien de commun avec les affaires – je monte dans le cabinet de mon père , où je fabrique une lettre de change de cinquante écus , à mon ordre , payables à vue, et je la présente à mon allemand. »Vous avez daigné , monsieur , accepter mes estampes , j’espère que vous acceptez cette petite traite « . L’original après avoir ri de mon idée , me fit mettre l’acquit, la paya , et l’anecdote mercantile , trouvée plaisante, circula. .Jamais je n’avais été si riche. Cette fortune donna lieu à un arrangement de famille .Ma mère m’offrit un écu par semaine , à condition que je m’entretiendrais de bas, de souliers, et que je payerais mon perruquier ; elle n’y perdait point , mais la faculté de satisfaire mes goûts, en épargnaNt , opéra la conclusion du marché .Pour ne pas étamer mon fondu, je devins économe .Je crois que le meilleur moyen de faire connaître aux jeune gens l’instabilité de l’argent , est de leur en laisser manier un peu .
Mon goût pour le service militaire était bien prononcé ; mon oncle , le général Crommelin, voulait m’avoir dans son régiment . Jamais je n’ai pu concevoir pourquoi mon père a refusé un pareil avantage .
On me remit au collège , assez mal à propos , à l’âge de quatorze ans , sous mon ancien professeur Claude Martinsart, trop faible pour ma vivacité et mon âge .Voulant plaire aux parents de ses élèves, il s’avisa de proposer un prix de grec.