
riant, voilà une chanson . – Bah ! il ne sait pas lire, et puis je me sauve. Il est certain que la chanson reçue par une autre main, aurait été envoyée à Robespierre , et qu’il se serait vengé du refus que j’avais fait de ses bontés.
Je reçois une lettre de M. Clavière , datée de Surenne où il était en arrestation. « Je suis malheureux , me disait-il , et je ne vous vois point , cela m’étonne parce que je vous connais. Venez dîner avec moi le plus tôt possible ; donnez votre réponse au porteur de la présente , elle me sera remise ; mais ne lui faites aucune question ».Je fus le voir le lendemain. « - Vous avez à vous plaindre de moi ; vous n’êtes pas payé de dépenses que je vous ai fait faire ; j’espère qu’on y aura égard . Les cent mille écus dont je vous ai parlé se sont échappés de nos mains , deux cents personnes m’ont accablées, elles arrivaient avec de bons tirés par la municipalité de Paris ; refuser de les payer aurait augmenté la masse de mes ennemis ». Les larmes coulaient de ses yeux , et je ne dis pas un seul mot sur mes intérêts, il le sentit.- J’ai peu d’espoir, et je n’hésite point à me confier à vous … ; suivez-moi.
Il me conduit dans une grande salle . – Voilà un tableau douteux. On m’en offre mille louis s’il est original, et mille écus s’il est copie ; vous vous y connaissez , je le sais, dîtes-moi ce que vous en pensez . – Je le crois de Rubens . – Examinez-le avec attention. C’était le massacre des innocents , sur lequel il y avait plus de cinquante figures. Je prends le parti de les dessiner toutes des yeux , pour voir si je trouverais partout la même pureté dans les contours. Une observation remarquable se présente , et je m’écrie , il est original. M.Clavière , peu éloigné , s’approche ?- Quelle preuve en avez-vous ? – Voilà une main qui a six doigts .Le compositeur trouvant que cette main n’avait point de grâce, a fait un chargement.