qui avait une vue magnifique fut l’objet de mes désirs, et je l’obtins avec les secours de quelque amis. Toujours content , ou paraissant l’être , le district, la municipalité, le comité même , rendaient justice à ma résignation. J’ai peint la belle vue de ma chambre avec peu de pastels, et j’ai fait présent du tableau à madame Lemaire qui le possède.

A peine suis-je arrivé , que le patriote, inspecteur , vint réclamer environ 8000 francs dont il avait les pièces de dépense dans les mains, et qu’il avait négligé de faire viser par le département ?. Je l’invite à conférer de cette affaire avec le directeur et le district à qui j’avais obéi. Au lieu de prendre un parti , il écrit à ma famille, qu’un débit me met en danger. Mon frère emprunte, arrive , paye sans me consulter , et me rend, par son excessive tendresse , un très mauvais service. Ce fut un ancien notaire jacobin, nommé le Couturier qui lui donna ce stupide conseil . Le croira-t-on ?… Non , on ne le croira pas. La régie a souffert que je perdisse 80 pour cent et plus , sur cette affaire , en ne me remboursant que dix-huit mois après sans tenir compte de la dépréciation des assignats ou mandats.

Je comptais sur la régie comme sur ma mère. Hélas, cette mère fut une marâtre. Un jour , je rencontre l’auteur de la Marseillaise dans un corridor, il savait que j’étais son voisin et n’était pas venu me voir.

Je l’arrête. « Ah ! vous voilà ! j’aimerais mieux vous rencontrer sur la terrasse qu’ici ». Il ne me dit pas un mot de mes 300 francs , et je n’en parlai point, cependant mes fonds diminuaient beaucoup. Ne le voyant point paraître , - ma foi ! lui dis-je un jour , c’et une duperie que d’être délicat avec ceux qui ne le sont point. Je vous prie de vous occuper de l’emprunt que vous m ‘ave fait pour trois jours, il y a trois mois ». Quinze jours après, il vient frapper à ma porte , et me

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