
sort vous attend peut-être ; alors , un jeune étourdi pourra se moquer de vous. » Peu de temps après mon retour , je partis pour l’Angleterre, par la Hollande ; je descendis à Harlem chez mon grand-oncle, en attendant un Anglais chargé de me conduire à Londres. Un matin , il m’appelle dans son cabinet , et me demande si le papa a bien garni le gousset ? Je lui réponds que mon père est un homme sage , qu’il calcule le trop comme le trop peu. – Eh bien ! je vais vous faire un présent … Etes-vous bon arithméticien ? – Mais oui ; tous les changes me sont familiers .- Faites-moi une addition ; je la fis. .-Voyons la preuve . J’opère. -Ce n’est pas cela ; voici une preuve plus sûre et plus courte . Tel fut le présent qu’il me fit ; écolier je l’ai trouvé mesquin ; depuis j’en ai senti le prix . Arrivé en Angleterre , le hasard me donna pour instituteur un homme de lettres nommé Burgh , qui établissait une pension ; je restai seul avec lui trois mois de suite ; j’appris l’anglais promptement , et je puisai chez mon maître une instruction peu commune.
Sans intermédiaire , je passais de la pétulance à l’étude ; une seule observation fit naître ce goût . Je dînais chez un correspondant de mon père ; arrive son fils , jeune homme de mon âge, qui menait les affaires de la maison avec beaucoup d’intelligence ; il avait fait des négociations à la bourse , des achats à la compagnie des Indes , vendu des effets publics avec avantage dans ses poche . Je me trouvai bien petit . L’amour de m’élever , dès ce moment , pénétra dans mon âme ; je dévorai Chambers, encyclopédiste anglais ; je me rendis passable grammairien anglais ; parcouru Newton , commenté par Maklaurien ; je me cramponnai à l’astronomie de Keil , à la physique de Desaguillers etc. Je ne sortais de ma chambre qu’avec Price devenu le docteur Price , auteur politique très obstiné