
sang, parce qu’il ne restait aucune charge de conséquence , et que l’homme qui remuait les esprits était renversé. On avait bien trouvé trois brevets d’Académicien chez moi, mais jamais on ne m’en avait parlé .
A cette époque, j’étais depuis plus de deux mois au pain et à l’eau. Voici ce qui y donna lieu. Une escouade de patriotes armées entre dans la prison ; aussitôt on nous donne l’ordre de rester dans nos chambres et l’on vient même nous y enfermer, je prends une jolie petite bûche bien maniable et j’y attache un morceau de fer assez pointu pour vendre ma vie s’il avait été question de violence. On nous appela l’un après l’autre. Il s’agissait de savoir si nous avions de l’argent , ou des bijoux. Mon tour arrive , j’entre bien escorté dans le repaire. On me demande ce que je possède, j’exhibe douze assignats de cinquante francs par décade.- Nous te taxons à cent cinquante francs par décade, pour la table des indigents. – Vous trouverez sans doute, messieurs, que 600 francs est une somme trop forte, pour payer mes repas, mon entretien , le garçon, ma blanchisseuse, mon tabac, etc., etc.. Une voix cria, non. C’était celle d’un brave homme nommé Guilleminet que je verrai avec plaisir partout où je le rencontrerai.- Je ne m’engage point, citoyens, à vous payer 450 francs par mois avec un capital de 600 francs. – Tu as une famille. – Elle est en arrestation. – Tu as des amis. –Je ne puis contracter en prison. Prenez ces assignats et donnez-moi du pain et de l’eau : quand mes culottes seront déchirées, je ferai un jupon d’une robe de chambre, et je danserai en chantant il y a trente ans que mon cotillon traîne. Cela fit beaucoup rire ces messieurs…. – Allons, allons, tu mangeras avec les indigents ( c’étaient les mieux servis) – Non, citoyen, je ferais tord à un indigents moins frugal que moi, je ne vous demande que du pain et de l’eau. – Eh bien, soit ….