Ce trait d’énergie fut un coup de lumière. – Vous êtes un coquin, lui dirent les commissaires , et nous rendrons compte de votre conduite au département et aux députés … Monsieur , soyez tranquille, vous êtes complètement justifié d’une accusation qui ( nous ne vous le cachons pas) a paru très grave. Au reste, nous ne devons ni ne pouvons ouvrir les caisses. »

Des accusations plus graves encore, furent lancées contre moi ; un coquin de Guise écrivit que j’avais acheté des chevaux pour Coblenis et soulevé le Régiment du Roi cavalerie , on daigna m’interroger sur ces faits, et j’ai dû cette mesure à l’avis d’un homme de bien. J’étais perdu si l’on avait fait passer à Paris les deux dénonciations . Je ne niai point l’achat des chevaux de réforme que j’avais fait, mais je produisis l’ordre d’un des membres du Corps législatif qui me priait de m’en procurer un de ses fermiers ; j’y joignis la lettre de réception, datée d’un village près de Saint-Quentin, et j’offris de faire venir à mes frais, l’homme qui avait conduit les chevaux, de Guise à ce village, muni d’une attestation signée par la commune. Quand à la révolte voici l’interrogatoire. – On t’accuse d’avoir soulevé le régiment du Roi cavalerie. –

Des deux choses l’une , je l’ai fait, ou je ne l’ai pas fait ; choisissez la thèse que j’ai à soutenir. _ Tu as opéré cette révolte, on nous a donné avis. – En ce cas, je mérite une récompense. Des officiers aristocrates voulaient mener leurs soldats à Coblents ; j’ai conservé de braves défenseurs de la patrie. La vérité est que je ne connais pas un officier ; pas un soldat de ce régiment ; que des complots sont tramés dans les corps de gardes, où je n’ai jamais été ; il s’ensuit que n’ayant ni mérité ni démérité l’accusation, inventée par un imbécile, porte à faux sous tous rapports. Les juges se regardent ; on écrit mes réponses, et l’on me dit honnêtement , va-t-en ».

Ces deux séances me mirent du baume dans le

Prev RETURN Next