
des marques et réunir les pièce (1) . J’étais bien le maître de mon temps, mais je travaillais la nuit , et comme il fallait que les chandelles passassent par les mains des geôliers , je les faisais moi-même , avec des graines de cuisines. Cet amusement étonna. J’ai gardé mon secret , et personne n’a pu se douter du motif qui m’avait fait choisir une aussi désagréable occupation.
Enfin , on me donna un compagnon avec qui je pourrai causer mais homme systématique et entêté , avec qui j’étais rarement d’accord ; nous ergotions beaucoup mais toujours avec la plus grande honnêteté . Ce compagnon avait un fils rempli de moyens, même ay-dessus de son âge, dont j’ai fait un excellent arithméticien ; et cela fut oublié, je ne fus ni surpris ni fâché, c’est la seule observation que je me permettrai ; j’ai de la mémoire moi, et elle me fournit deux traits que je vais rapporter. Le vénérable Monsieur de Monfleury , ancien officier des gardes du corps ; me croyant au dépourvu dans la prison, vint me trouver un jour de grand matin, me présenta une botte d’assignats et me dit ; - Prenez cela, vous me le rendrez quand vous pourrez . Après l’avoir tendrement embrassé, je lui prouvé que je n’en avais pas besoin. Une autre fois, me croyant malheureux, il vint m’offrir une assez forte somme d’argent.
Voulant appuyer ma reconnaissance , j’acceptai cent écus , avec l’intention de ne les garder que quatre jours ; mais , pour placer un témoin, entre cet ami généreux et moi, je priai une de mes connaissances de les lui remettre avec une lettre ouverte ; Un jour madame Neverre , prisonnière ,vint me voir avec quelques dames de la société. Ayant mis
( 1) J’aurais déjà défier le diable de me déchiffrer , car j’écrivais en anglais , en italien, en latin de cuisine, et en français et en abréviation.