
sidérable dans votre caisse de Guise ; que pouvait-il vous arriver ? – D’être lanterné. – Non. Le gouvernement était nanti par votre cautionnement. Chanorier a été plus adroit que vous ; pour ne pas se laisser ruiner, il a emporté l’argent qui lui avait été confié, pour achat de chevaux, et a laissé ses fonds. A-t-il été blâmé ? lui a-t-on refusé de l’estime ? La preuve du contraire, c’est que le gouvernement l’a employé à son retour. – En révolution, la délicatesse est une bêtise, et tous les moralistes disent qu’il est permis de reprendre ce qu’on nous vole. Au reste, je n’ai point de conseil à vous donner, mais dans tous les cas possibles, j’ai une retraite sûr à vous offrir . Cela était très expressif ; cependant cette conversation ne fit aucun effet sur moi, mais il se préparait une infamie d’une espèce nouvelle.
Les mandats disparaissaient pour faire place à l’argent , la lettre d’avis ( oubliée je ne sais où ) ne me parvint point . Dans l’intervalle de la date à la remise de cette lettre , je reçois un paiement en mandats ; que fait l’inspecteur ? il me les laisse et me les fait payer en argent , sauf mon recours, me dit-il, contre un fripon qui avait disparu , et de qui l’on aurait recouvré ; j’ai beau protester que le paiement était fait avant la réception de la lettre d’avis , on ne m’écoute point.
Je ne croirais aucun de ces faits , si je n’avais pas été acteur et victime..
Il m’est impossible de citer un seul cas où la régie ait été juste envers moi. Je me persuade cependant , que si chacun de ses membres individuellement désirait me rendre justice , la masse entière ne le pouvait pas ; il est clair que le droit rigoureux , créé contre moi, ne fut qu’un échappatoire pour ne pas me contrarier une puissance qui n’aimait pas les restitutions . Au reste , la régie n’allait alors qu’avec des lisières , un marchand de bois conventionnel a suffi pour intervertir l’ordre de sa marche, et j’ai vu son préposé la faire trembler