en s’affublant du bonnet rouge. Tout cela a dû se peser et ne l’a pas été, je dis plus, c’est qu’un homme, intrinsèquement sage s’est laissé séduire par un être malfaisant qui n’a pas pu me convertir à sa religion persécutrice , et qui – paix ! ma mémoire . J’aurais perplexité n’a pu surpasser celle que j’ai éprouvée dans ces temps malheureux . Abus d’autorité ; déni de justice ; dépouillement complet ; refus de salaire ; responsabilité sans gages ; abandon de ceux qui me faisaient travailler ; dénué de tout , obligé de faire quatre-vingts lieues pour aller chercher du pain ; sortant de prison malade , infirme ; âgé de soixante-trois ans ….. Quel fut mon crime ? Celui d’avoir voué mon temps , mon travail, ma fortune, ma vie , à ceux –là même qui m’ont refusé secours et protection. J’étais las d’être le jouet de la tyrannie primaire et de la haine secondaire ; brouillé avec la régie , une démarche et trois mots auraient tout raccommodé, la démarche me parut basse ; les trois mots avaient une portée trop longue . J’ai fait ce qu’il fallait pour devenir libre. On a dit que j’avais une mauvaise tête ; moi je dis que le courage est mal jugé par les poltrons . C’est pourquoi je rencontre tous les jours des gens qui n’osent me regarder en face (1)

Si quelque chose me console dans ma vieillesse, c’est de n’avoir jamais l’occasion de faire le bien ; c’est de vivre intimement avec ma conscience ; c’est de jouir, sans amertume , de cette tranquillité d’âme qui rend la solitude délicieuse , et de quelques talents , devenu des sources de plaisirs ; c’est d’avoir laissé partout où j’ai demeuré les traces d’un caractère juste et honnête ; c’est enfin la possession des titres les plus précieux .

Après avoir servi trente-six ans la compagnie , voici la dernière lettre qu’elle m’a écrite. « Nous avons été touchées, Monsieur , de la manière généreuse avec laquelle vous avez pris

"Nous avons été touché, Monsieur, de la manière généreuse avec laquelle vous avez pris

(1) Il est des meneurs, des cocus, et des femmes qui surent gré de ma discrétion

Prev RETURN Next