je le divise , je nomme avec emphase, les douze signes du zodiaque, puis , je fais placer mon bénet au milieu du cercle , en lui disant : je ne réponds pas de vous si vous en sortez. Je tire mon fil d’argent imperceptible, et fais tinter la sonnette. Monsieur Lapierre tremble, vous pouvez encore vous retirer , mais plus tard il ne sera plus temps. –Monsieur, ai-je des dangers à craindre ? – Non, si vous ne vous écartez pas du cercle ; alors mon second , caché, jette contre le mur les bouteilles cassées. – Voulez-vous remonter ? je retarderai l’apparition, mais il faut que je reste, et je ne puis vous confier la lumière . – Monsieur, le vin est versé et je sais que vous êtes bon. – En ce cas , ne craignez rien… Paraissez , Belphégor ! Le diable paraît avec sa tête de mort, les mains et le visage illuminés par le phosphore , et prenant une voix de polichinel , baragouine en approchant. –Que demande-t-il ? – Une commission. Le diable se trémousse et paraît impatient ; alors je m’approche de Lapierre , et lui dis à l’oreille : Ordonnez lui d’aller compter tous les poissons de la mer, cela vous donnera le répit de cinquante ans. Quand la commission fut donnée , le diable parut faire des tentatives pour forcer le cercle , recula avec l’expression de la colère , puis , prit la fuite .

Je peux raisonner ici, sur la puissance de l’imagination. Lapierre a vu le diable sortir de la terre. Il l’a vu traverser la muraille ; il avait une tête de singe, une longue queue, des pieds de boue, enfin tout ce que je voulais qu’il vit. Je racontai cette farce à mon père , en riant ; son air devint très sérieux. Il y a encore en France , me dit-il , des cantons entichés de sorcellerie ; les paysans, dans celui-ci , croyent aux sorts ; cent fois vous avez ouï dire ; on m’a jeté un sort. Dans toutes les soirées villageoises , on ne parle que de sorciers, de loups garous

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