Ces chaloupes approchent , elles portaient chacune onze hommes indépendamment des rameurs ces onze hommes étaient debout, la crosse du fusil sur la cuisse, et avaient un officier à leur tête. On leur parle avec un porte-voix ; on tire un coup de canon ; enfin on reconnaît les uniformes anglais ; des signes de joie , avec les bonnets, les chapeaux , les huzza , succèdent aux angoisses , et l’un vient à bord , boire un verre de punch .

J’avais dit au capitaine, en présence de tout l’équipage , que je ne me battrais point , parce que je n’étais pas un traître , mais que je montrerai ma bravoure , en restant sur le tillac pendant le combat, si l’on ne m’ordonnait point , comme à un être embarrassant, de me retirer , soit dans la cabine que j’avais payée, soit à fond de cale. Cette conduite plut aux convives ; on eut la bonté de m’entonner du punch, et de me griser , sans que je puisse m’en dispenser ;

Les officiers des deux chaloupes , me demandèrent mon porte-feuille ; ils y virent des lettres de personnes connues , et me le rendirent avec politesse. Je leur dit que j’allais en Irlande .- A Dublin ! – Oui . – J’espère que vous voudrez bien vous charger d’une lettre. J’assurai qu’elle serait fidèlement remise, et elle le fut.

J’arrive à Londres , je débarque à la tour, et je vais prendre ma place à la diligence pour Pargate ; un événement extraordinaire me procura la meilleure connaissance possible. Au moment du départ , une femme charmante , en habit de cheval, arriva avec un vieillard infirme qui marchait difficilement, j’offre ma place à ce monsieur , et il l’accepte avec reconnaissance ; pour la commodité de sa jambe. Un cheval paraît , et je vois la dame se disposait à le monter ; elle n’avait pu obtenir une place qu’à Coventry. Je prie cette dame qu’elle me rendrait service , et qu’elle pourrait être utile au vieillard respectable qu’elle accompagnait.- Mais il pleut .

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