
Je le veux bien , mais faites-moi cette déclaration par écrit, avec engagement au bas , de me payer cette somme en argent ou en nature huit jours après notre arrivée. Son affaire de St.-Quentin , commençait à transpirer , et j’avais peur que l’Ambassadeur de France , ne le fit arrêter comme meurtrier. Je lui fais rendre la liberté , et il passe pour mon domestique jusqu’à ce qu’il soit en sûreté .
Nous arrivons à Londres, le nommé Stèele son soutien, tenait réellement les marchandises promises ; l’ayant pris au dépourvu , il ratifia l’engagement de Richard Behan, me fait un billet de 24 000 francs à deux mois d’échéance , et me donne une délégation pour le reste sur Dublin, je connaissais ce Stèele , c’était un homme d’éducation, de bonne tournure , bien allié, mais un fripon , et je n’avais pas le moindre soupçon de sa mauvaise foi . Son projet était de ruiner les manufacturiers de St ;-Quentin, de réaliser une grande fortune , d’aller aux Indes , d’amener avec lui Richard Béhan, ( qui selon toutes les apparences , était son bâtard ) et d’y vivre splendidement.
Je traverse encore une fois l’Angleterre , pour me rendre à Dublin ; le hasard me fait rencontrer à Pargate , le nommé Fietcher assez gros débiteur de la maison . – Ma foi , mon ami, me dit-il , vous ne pouviez venir plus à propos ; j’ai fait de bonnes affaires , et j’ai des fonds pour vous payer ; voilà ma femme , ma fille ; venez demain déjeuner à bord de mon vaisseau, nous règlerons nos comptes , et partirons dans peu de jours ; votre passage ne vous coûtera rien , et je vous logerai à Dublin.
Je me rends à son invitation ; la mer était grosse ; j’examine le vaisseau. Il me paraît vieux , et en assez mauvais état. –Combien d’hommes avez-vous ? lui demandais-je . – Quatre. – C’est bien peu pour la saison ; nous sommes à l’équinoxe , et la mer d’Irlande est dangereuse. – Bah ! vous n’avez pas le pied marin, l’eau vous fait peur. Croyez-vous que j’aime moins ma femme, et ma fille que vous