
infortunées, il est bon d’être utile à ses concitoyens. Je pars , je suis les derniers ballots expédiés de rouliers en rouliers, et j’en recueille avant d’être à Anvers, pour cinquante mille écus. Je me rends en Hollande , j’avais la preuve que mon homme avait traversé le Mordyk , qu’il avait gagné Rotterdam, et en était parti pour Helvoëtluys.
Je me munis d’un ordre général , pour les capitaines marins, et d’un mandat d’arrêt qui put me servir dans tous les cas. Rendu à Helvoëtluys, j’apprends qu’un paquebot va partir pour Harwich, je m’y rends, je trouve monsieur Richard, et j’exhibe mon ordre , au capitaine qui nous conduit à terre.
Richard, se croyant être en sûreté , prie le capitaine de le suivre chez le magistrat , pour terminer cette affaire , et partir avec lui ; nous nous y rendons ; là j’exhibe l’ordre du gouvernement.. « Monsieur , lui dit le Magistrat , je vous arrête » ; et dans l’instant «, il appelle deux hommes porteurs de plaques sur la poitrine . Monsieur le juge , il est question de dettes, placez , je vous prie , le prisonnier dans une chambre garnie ; si je suis content de lui , je viendrai lever son arrestation. Ma demande est accordée, et je dîne avec monsieur Richard Behan. – Je ne veux pas vous faire perdre , mais soyez loyal , vous avez emporté votre livre de factures , montrez-le moi. ». Il me le remet , je fais la liste des ballots partis depuis deux mois et je trouve pour six mille livres de marchandises. – « J’exige que vous donniez ordre à tous les commissionnaires , de tenir les ballots à ma disposition, pour les connaître , voyons votre livre de copies de lettres. » Les ordres furent donnés et pour rendre l’opération certaine, je joignis ma signature à côté de celle de l’écrivain. Il me dit qu’il avait en Angleterre , pour cent mille francs de marchandises, et qu’il me remettrai , si je voulais m’y rendre avec lui .