
On nous apprit au bureau de la diligence , que le camp de Cantorbery était levé ; et qu’il y avait des fuyards , des traînards et qu’il était dangereux de se munir d’une grosse somme d’argent, ce qui détermina Irwin à prendre une lettre de change à vue , sur Douvres, et moi d’y joindre ce que j’avais de trop .
Nous n’étions que des hommes dans la diligence ; quatre Genevois qui venaient de faire à Londres, leur cours d’horlogerie, Irwin et moi ; Sur les huit heures du soir, à deux lieues de Douvres , un homme à cheval vint demander à la portière , si madame Ewards n’était pas dans la voiture. Je répondis que nous n’avions pas de femmes, mais beaucoup d’armes, et que de pareilles informations ne se faisaient pas la nuit sur une grande route. Puis j’ordonnais au conducteur d’avancer grand train, l’homme répliqua par cinq ou six god danw you et se retira.
Il y a apparence que ce cavalier était un voleur , qui voulait savoir s’il y avait des femmes dans la voiture parce que dans ce cas, on se laisse voler ; cette politesse est générale en Angleterre ; on aime mieux perdre quelque chose que de laisser exposer une femme ;
Arrivés à Douvres , nous apprenons qu’un vaisseau d’échange de prisonniers partira à 2 heures du matin pour Dunkerque. Voilà une bonne occasion , me dit Irwin , il faut en profiter , votre embarras et le mien , seront inverses ; vous, pour le départ, moi à l’arrivée…. Risquons le paquet ; voici mon avis , vous irez chez le commissaire , il vous demandera votre passeport de l’amirauté….. –Je n’en ai point . – « Vous n’en savez pas plus que cela ! Commencez par lui donner deux guinées ; ensuite , vous détaillerez vos raisons qui seront bonnes. Je n’irai pas avec vous , parce que je vous nuirais . Quant à moi , je connais le capitaine cela me suffit » ;. Je prends un morceau de papier , j’y mets deux guinées ; je le plie en forme de lettres, et me rends chez le commissaire.
[god dawn you il y peut-être une erreur , je ne voyais pas bien]