
on voyait ce qu’il avait envie de faire ce n’était pas fait. Le lendemain , le modeleur tomba malade ; lorsqu’il fut rétabli, j’étais absent ; bref , il partit et me laissa une masse de terre à pipe que je cassais même quelquefois, quand je manquais de crayon blanc.
Un jour, me regardant dans un miroir, je dis , il me semble que je modèlerais bien ma tête, essayons. La terre était sèche , je la rendis malléable avec des lignes mouillées , et je me mis à l’ouvrage, dans un lieu où personne ne pouvait me surprendre . le modeleur m’avait laissé ses outils qui n’étaient que des morceaux de bois plats, arrondis et pointus. Quand je creusais trop, je remettrais de la terre , quand je manquais les parallèles, je revenais sur mes pas.
Après huit jours de tâtonnement , je parvins à faire le front et la chevelure du toupet. Un compas de proportion, me fit connaître qu’il était bien . Vingt fois, j’ai gâté les yeux et vingt fois je les ai recommencés, toujours j’en faisais un plus bas que l’autre, et je m’en apercevais qu’en finissant. J’allais quitter mon entreprise , lorsque l’idée me vint de prendre un plâtre pour modèle et d’en copier les yeux , le compas à la main, sauf à en corriger les formes d’après moi. Voilà mon front et mes yeux finis , quant au nez , je me suis fait canard, camus, etc. ; du retroussé, je passais à l’aquilain, de l’aquilain au pointu , ce qui dépendait du trop en trop peu de pâte ; je riais comme un fou, et rire seul, n’est pas un temps mal employé, enfin me voilà content de mon nez, le reste se fit avec la même patience , et je suis parvenu à lier les met plats et les muscles avec un pinceau mouillé. Ce travail a duré plus de six mois, mais cet espace est devenu mes yeux , et j’avoue que mon audace m’étonne tous les jours. – Vous êtes donc sculpteur ? me dit – on ? – Non. Un Artiste ne tâtonne pas , il a des moyens d’exécution, et parvient à son tour par le chemin le plus court ; - Vous êtes universel ! – Point du tout, je ne sais absolument rien- Cependant ceci