
un habile homme, sans être connue. La chose eut lieu, moins d’un mois a suffi, et je mets ce trait au rang de mes plus belles actions.
Je fais un voyage à Châlons – sur –Saône, à l’époque d’une foire de chevaux , qui attira beaucoup de monde , où l’on m’admit à la représentation d’une comédie de société. Un gentil homme avait un fils de neuf ans , charmant et très précoce pour l’esprit . Les dames le firent venir , le fatiguèrent de questions et enfin lui demandèrent une scène de comédie. L’enfant va au fond du théâtre, vient en polichinel, se tourne, fait un pet et s’en va. Le père l’oblige d’aller faire des excuses, les voici.- Mesdames, polichinel est-il un acteur ? – Oui. – Est-il permis à polichinel de péter ! Oui, oui. – N’ai-je pas joué polichinel ! Oui. – Dites, je vous prie à papa que j’ai bien joué mon rôle ;
J’étais venu avec une bande d’amis musiciens , munie de ses instruments. On me chargea d’aller proposer un concert aux Dames de la charité , toutes jeunes , aimables et appartenant aux meilleures familles du pays ; la supérieure accepta , mais à condition que le concert se ferait dans une salle séparée de l’hôpital.
La chose eut lieu, et une belle collation nous fut offerte .Rentré dans la salle, on joua des contredanses et l’on mit en mouvement les religieuses et les novices qui ne demandaient pas mieux ; on fit une douce violence à la supérieure , jeune encore, et quoique tout se fut passé avec la plus décente gaîté , l’évêque de Châlons , bon homme mais cagot, mit sa mitre de travers , et il fut défendu aux étrangers d’entrer à l‘hôpital , ce qui y répandit la consternation. Le hasard m’a fait rencontrer , il y a peu de temps , une ce ces religieuses ( qui maintenant est supérieure ) et nous avons ri un instant de cet événement … Eh ! le temps passé fait rire quelquefois les vielles gens .