
Je vais tracer quelques unes des plus agréables circonstances de ma vie .
Le jeune Buffon, âgé de 13 ans , part de Monbard pour aller cimenter à Ferney, la réconciliation entre les deux pus grands hommes ; il était à Châlons – sur – Saône chez monsieur Ythier mon directeur ; l’instituteur du jeune homme, tomba malade et les symptômes de la maladie furent graves , rétrograder avait des inconvénients , les avis étaient donnés , on était attendu à Lyon , à Ferney , etc.
Me trouvant à Châlons pour affaires , monsieur Ythier, me dit, Crommelin, voici une belle occasion de faire la connaissance de monsieur de Voltaire, et d’obtenir des droits à la bienveillance de monsieur de Buffon, conduisez son fils à Ferney.
J’y consens , mais nous sommes à la fin du mois. – Cela me regarde , vos états passeront plus tard , j’arrangerai les choses , et vous ne serez pas compromis . – Mais je n’ai pas d’argent sur moi. – En voilà . – Alors , je m’expliquai , je ne veux plus monsieur, être pris pour un domestique de confiance ; partant , je veux payer mes frais de voyage . – Je vous entends et j’approuve cette délicatesse ; vous êtes de l’académie de Dijon, les lettres seront écrites en conséquence .
Nous partons, je ne tardais pas à m’apercevoir que les moules intérieures du grand Buffon, n’avait pas produit son semblable ; le jeune homme était doux , aimable, caressent, mas il n’avait pas la force nécessaire pour porter son illustre nom.
Le fils de monsieur de Buffon, doué d’une figure aussi noble que spirituelle, n’avait aucune teinture du cabinet de son père , et encore moins de ses vastes travaux. Cependant , , il avait de connaissances en mathématiques ; en passant près de lac de Nantua, je lui demandai combien d’eau cela pouvait contenir ; il me démontra fort clairement