la manière de s’y prendre pour résoudre ma question.

Buffon avait calculé la mer ; son fils calculait un lac, la proportion y était.

Nous arrivons à Fernay Voltaire et madame Denis reçoivent le jeune homme comme leur fils ; je fus embarrassé par le prince des poètes parce que j’étais le conducteur du jeune Buffon, et parce que je portais le nom d’un Genévois, mon parent, qui avait été son ami. Voltaire avait un habit de drap rouge sans poches ; une veste très longue de velours cramoisi couverte d’un large galon, et un bonnet de velours noir brodé en or. Madame Denis ne m’en imposa point ; enluminée , laide , ayant un gros ventre, mise sans goût, chaussée avec des souliers de corde, elle ne remplit point l’idée que j’avais d’une femme assez bel esprit pour revendiquer des tirades entières de vers , qui se trouvent dans les écrits de son oncle. J’ai eu le temps d’examiner les yeux de cet homme si justement célèbre , ils étaient plein de feu, quelqu’un lui ayant dit que je savais passablement l’anglais, il causa avec moi dans cette langue et je m’aperçus qu’il parlait l’anglais à la française.

Il ne faut pas voir les grands personnages de trop près ; je les compare à ces montagnes qui semblent diminuer à mesure que l’on en approche. Voltaire prenait plaisir , à expliquer un tableau peint par un adulateur. Frérus, Nomoir , Lebaumelle, l’archer etc. était représentés avec des oreilles d’âne, des griffes et autres attributs d’animaux . Pendant mon séjour, on apporta un âne peint par Saeyder, le Despote de l’Allemagne ; lorsque Voltaire l’eut vu il nous appela… « Venez , donc voir le portrait de Frérus…. Ha !ha !ha !ha ! n’est-ce pas là maître Aliboron ? Il est bon d voir ces choses ; les hommes de cet espèce. seraient trop grands ; s’ils n’avaient pas des moments , où ils rentrent dans la classe humaine.

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