disait jamais, il y a longtemps qu’on ne vous a vus .

Les deux enfants étaient sous la conduite d’un abbé Baudez homme assez ordinaire, mais qui avait le talent de faire les verres de lunettes ; il m’a donné des leçons dans cet art ; je me suis muni de bassins d tous les foyers , et je puis dire que les meilleures lunettes que j’ai eu de ma vie, étaient de ma façon, parce que j’y mettais le temps nécessaire.

C’est monsieur de Vergennes qui a fait la révolution de Suède ; nommé premier ministre à son tour, je fus le voir ; il me reçut avec bonté et me dit : « Mon intention est de faire quelque chose pour vous ; vous savez quelques langues et particulièrement l’anglais ; voulez-vous aller à Boston ? Je vous donnerai le secrétariat de l’ambassade. J’accepte avec reconnaissance, je fais part de ma part de ma bonne fortune à ma femme, qui consulte mesdames de Vermenoux et Thélusson. J’avais 50 ans , elles me trouvent trop vieux , jamais je n’ai éprouvé une plus grande contrariété.

Monsieur Necker paraissant sur l’horizon , on crut qu’il était inutile pour ma fortune de passer les mers.

Je restai donc à Autun encore neuf mois, bercé par les plus flatteuse espérances. On canonisa Ste – Chantal, qui, je crois, avait été abbesse dans cette ville. Les religieuses me prièrent de faire quelque chose d’extraordinaire à la clôture des processions et cérémonies. L’idée me vint de faire descendre le St- Esprit sur l’autel au moment de la bénédiction. Je cherchai un pigeon blanc ; je l’attachai sur une espèce de croix, les ailes bien déployées ; j’adaptai sur son dos deux petites coulisses, et par le moyen d’un fil d’archal imperceptible, je le fit voler de l’orgue à l’autel, où il s’arrêta au moment où Monseigneur donnait sa sainte bénédiction.

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