motiver mes raisons. – J’exposai « que la ville n’avait ni porte , ni état - major ; que les gendarmes n’arrivent point en corps, mais par pelotons et sans officiers ; que les gardes serraient sabrés ; que si, par malheur, ils tuaient ou blessaient un gendarme, il en résulterait une boucherie terrible, qui ferait naître une haine éternelle ; que les officiers de la gendarmerie étaient de grands seigneurs ; que monsieur de Castrie avait l’oreille du roi ; qu’il y aurait des plaintes ; que, d’ailleurs, j’avais des avis particuliers, et des connaissances locales dont je donnerais les détails en temps et lieu ; en conséquence, que je m’opposais à ce que l’on fouillât la gendarmerie dans le lieu que j’habite, me soumettant à tous événements postérieurs »

Le lendemain, je reçus une lettre menaçante de l’inspecteur ; il va instruire la compagnie de ma désobéissance, et il ne répond point des suites qu’elle aura.

Je fais deux mémoires, l’un pour monsieur Ythier directeur, l’autre pour la compagnie, et le premier commis de la direction, pour me tranquilliser, m’écrit que mes raisons ont été approuvées, et que le directeur me regardait comme un homme de tête.

La gendarmerie se rend dans une ville voisine ; on veut la fossiliser, six gardes et trois gendarmes sont tués ; monsieur de Castrie porte des plaintes au roi ; la compagnie est compromise ; le directeur a des désagréments, le capitaine, le contrôleur sont destinés ; celui-ci, vient me chercher querelle, et m’accuse de m’être justifié à ses dépens ; je vous défie d’y lire votre nom. –Vous avez écrit des lettres secrètes. - Cela n'est pas vrai. - Vous me donnez un dementi! – Oui quand vous mentez ; je vous répète que votre soupçon est faux ; si vous êtes plus honnête avec la même franchise,

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