
Memoires de J.-M. Crommelin,
Dernier de sa Race en FrancePremiere Partie
Je suis né à Saint Quentin, capitale du Vermandois, le 27 Novembre 1730, d'un père universellement respecté, qui a laissé, dans sa patrie, des traces de son rare mérite et de son génie.
Mon grand-père maternel se nommait Couillette; il habitait Chauny, et y tenoit la principale maison.
Comme cette ville a été long-temps la garrison des Grenadiers à cheval, mes tantes prirent le nom de Haute rive. Un de mes oncles, même, qui fut Garde-du-corps dans la compagnie de Charost, et dupuis nomme (par Catherine, Impératrice des Russies) chef de la colonie d'Astracan, porta ce nom.
Armand Crommelin, duquel je descends, noble d'ancienne origine, sous Henri III, vint, de Courtray, s'établir à St. Quentin, et y apporta, avec son génie, les sources de cette grande prospérité dont ma patrie a joui si long-temps.
Des expériences faites avec soin, loi firent découvrir que le terrain de sa nouvelle demeure, étoit propre à la culture du lin; alors il forma le projet d'établir les belles fabriques de batistes et linons, de grands obstacles se presenterent; un lieu trop sec séchait les fils (d'une finesse étounante) et détruisait leur tenacité; un lieu trop humide les pourrissait et les cassait.
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