Les Etats de Hollande lui donnèrent le gouvernement de "Gertruydenberg", et nommèrent son fils à celui de Surinam.

J'appartiens au Crommelin qui est maintenant un des chefs des Etats de Hollande, et c'est un de mes parens dont je porte le nome [Henri] qui, au nom de la ville de Harlem, dont il était premier magistrat, tint sur les fonds de baptême le dernier Stathouder. Sou instituteur fut monsieur Joncourt, mon oncle, époux d'une soeur de ma mère (1). Le père de ce prince était bossu. J'assistais un jour à une lecon de mon oncle, lorsque le Stathouder entra sur la pointe des pieds, tenant le doigt sur la bouche; je restai tranquille.

Il se placa derrière son fils, écouta quatre ou cinq minutes, et dit, "Joncourt, je suis très content de votre manière d'instruire; continuez, et nous aurons des succès." Alors, je fus présenté, comme neven, et poete francaise. Voici ce qui donna lieu u titre pompeux dontje fus honoré sans le mériter.

J'avais diné la veille dans la famille Joncourt; un jeune parisien, qui avait des prétentions à la poésie, nous lut une espèce d'idyle de sa composition, ou il y avait une invocation relative aux promenades du jeune prince; de demandai la permission de la lire moi-même. Mon oncle crut s'appercevoir (par le froncement du sourcil, peut-être) que je n'en étais pas content. Après le café, il me conduit dans une embrasure de croisée, et me dit: "L'idle ne vous plait pas, je crois en être sûr, parlez-mois avec franchise." Avant de vous répondre, il faut que je sache si elle doit paraitre et si vous y prenez intérêt. Oui, c'est moi qui suis chargé de la remettre. En ce cas, elle n'est pas présentable sans quelques corrections; j'y vois des fautes et des contre sens. Monsieur Joncourt appella e jeune homme, et nous conduisit dans son
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(1) On a fait une épigramme assez piquante sur le mariage de mademoiselle Couillete avec monsieur de Joncourt.

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