Mais je sais que mon père rit beaucoup. Les écoliers m'appellèrent "cu saint", mais en ayant rosée quelques-uns, le sobriquet ne me resta point. On avait l'intention de me donner une brilliante éducation mais on s'y prenait mal, faute de calculer la somme d'attention dont j'etais susceptible; on voulat que le coin entrât par le gros bout Tandis que mes camarades s'amusaient les jours de cougé, on me faisait apprendre une section de catéchisme et lire le traite du vrai mérite, ce qui me faisait détester le mérite.

Mon père était le plus indulgent des hommes quand on se plaignait de mes espiégleries. Il disait: "Le vin doit fermenter avant d'être généreux", mot philosophique qui le caractérise.

J'avais un frère mon aîné de quatorze mois, moin pétulent que moi, mais doué de la plus vivre imagination. Vigoureux, ferme, brave, il ne reculait jamais. Son enfance et sa jeunesse sont marqués par des traits de la plus grande singularité; son genre d'esprit était la saillie, et en général les siennes avaient un caractère d'originalité qui en étendait le cercle, parce qu'il n'était pas possible de se fâcher. Dans notre adolescence nous étions la terreur de son camarades; on ne pouvait attaquer l'on de nous deux isolement. Nous avons eu la même éducation, les mêmes maîtres, mais nos goûts, nos connaissances, nos inclinations ont été absolument opposés, ce qui me prove que les facultés tiennent à l'organisation et peut-être aux traits de la figure. Mon frère ressemblait à mon père, il en avait le calme; j'ai les traits de ma mère, et j'en ai la pétulence.

Qu'une femme d'esprit épouse un imbécile, tout les enfans qui auront les trait de la mère, seront intelligents; ceux qui ressembleront au père, auront la bétise en partage. Chaque sexe a donc ses germes primitifs, et ces germes une organisation préexistante. Cela contredit tous les systèmes; mais les secrets de la génération, ne peuvent être

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