
à passer. – On me répond , non , laissez la bride sur le cou du cheval, il vous mènera où il faut vous arrêter . La nuit vient ; probablement , s’en m’en douter , j’ai fait tourner le cheval dans un chemin de traverse. Vers les onze heures du soir , j’entre dans une voûte plus noire encore que la nuit. Où suis-je ? je mets pied à terre ; je tâte…. ! Me voilà perdu dans un bois. Que faire ? l’idée me vient d’aboyer ( c’est un de mes talents ) bien persuadé que s’il y a quelque maison dans le voisinage, le chien me prendra ; la chose eut lieu. J’attache mon cheval, et je sens une odeur si fétide, que je suis obligée de mes boucher les narines. Après m’être bien orienté par les étoiles , je marche vers la voix du chien. L’animal, assez gros, vient près de moi, et me flaire, je le caresse , je sens même qu’il remue la queue, enfin il me conduit près d’une baraque isolée . je frappe à la porte , on ne veut point ouvrir. – « Je suis un voyageur égaré. – tant pis pour vous. – Je vais laisser tomber un écu par le bas de votre porte, levez- vous , vous le trouverez si vous me refusez du secours , il n’est pas moins à vous, je vous en fais présent ». j’entends battre un briquet et vois paraître un vieillard avec une lanterne.
Je viens de Pont- Audemer , je vais à Rouen, il est nuit et je suis hors de ma route ». – Vous vous êtes écarté d’une lieue ; mais en coupant court par le bois, vous en regagnerez plus de la moitié. Je vais vous conduire. – Où est votre cheval ? – Je l’ai attaché aux environs d’une charogne , car, j’ai senti une très mauvaise odeur. – Ha ! ha ! ha ! vous allez voir ce que c’est que cette charogne . il me mène auprès d’un gros arbre , aux branches duquel il y avait peut-être vingt pendus, mon cheval attaché , en était très voisin .Après avoir traversé le bois, le vieillard me dit, suivez ce sentier, il vous conduira au chemin ; prenez à droite à droite, il est impossible de le manquer et même de s’en écarter.