
Avant d’arriver à Rouen, je fus arrêté par la maréchaussée, qui me questionna vigoureusement ; d’où venez-vous ? où allez-vous ? qui êtes-vous ? connaissez-vous quelqu’un à Rouen ?
Je me nomme Crommelin , et je suis parent de monsieur Crommelin. – Je le connais ; pourquoi êtes-vous en route si tard ? – je comptais arriver à dix heures , je me suis égaré , pendant ce colloque j’ai senti que le cavalier tâtait mon habit, sans doute pour savoir si j’étais bien vêtu. – N’avez-vous rencontré personne ? – A la fin du jour, un homme me voyant, m’a paru s’écarter du chemin, je l’ai vu entrer dans les terres. – Passez, et dîtes aux cavaliers qui vous arrêteront , que vous avez causé avec un tel. La chose eut lieu un peu plus loin.
J’arrive à Paris et je retourne à Autun pour déménager et compter avec mon successeur. Enfin, je quitte la bonne ville d’Autun, ancienne capitale des Gaulois, où j’ai passé les plus agréables moments de ma vie. Sans m’arrêter je vais rejoindre ma femme à la campagne et passer quelques jours avec elle. Sa prévoyance avait été jusqu’à me faire arranger un laboratoire très commode.
Un carreau de vitre se trouva cassé ; en attendant qu’il vint un vitrier de la ville, elle en fit remettre un de ceux où il y a une espèce de loupe, centre de la planche de verre. Il faisait une chaleur brûlante, et mon laboratoire recevait le soleil de midi . J’étais , en bas , regardant par la fenêtre , lorsque je vois deux servantes qui causaient ensemble, faire en même temps une exclamation d’effroi, je cours pour savoir ce que c’est.. Que vois-je ? une flamme terrible sort par la fenêtre de mon nouveau cabinet . Je monte et je trouve , mes papiers , trois volumes de l’Encyclopédie , la boiserie près de la fenêtre , et une chaise en feu, je demande de l’eau ; deux ou trois pots au plus suffisaient , les paysans arrivent avec tous les vases de la maison remplis, et gâtent , sans précautions, mes livres , mes cartons