5 ° J’avais jeté mes grades sur la direction de Saint – Quentin, occupé par un vieillard inapte.
6 ° N’ayant point d’enfants , mon ambition était rétrécie . D’ailleurs , j’avais manqué ma vocation dans la seule partie que je désirais, la diplomatie ; toutes ces raisons m’ont fait refuser de me placer sur la liste de ceux qui demandait de l’avancement .

Je me plaisais beaucoup à Guise ; l’esprit y était cultivé ; la société bonne, et point divisé , quoique les femmes ne s’aimassent pas. Les jeux de sociétés étaient à bas prix .

Une dame, bonne musicienne, dont les filles chantaient avec goût donnait souvent des concerts, et j’en tenais la basse ; à la suite , ordinairement on dansait ; ces bals peu dispendieux n’en étaient que plus agréables, parce qu’ils n’exigeaient ni apprêts ni dépense.

Les officiers de la garnison répandaient de la gaieté. Les seigneurs châtelains recevaient parfaitement ceux qui leur faisaient des visites , on y jouait même la comédie ; c’est moi qui ai donné l’idée de faire des théâtres dans une matinée , avec des tonneaux, des planches et des décorations en charmilles.

Un vieux lieutenant -colonel s’avisa de bougonner sur ce que les jeunes officiers se livraient à cette espèce d’amusement , je formai le projet de lui faire jouer la comédie , sans qu’il eut la peine d’apprendre son rôle , et j’en préviens les officiers du corps , qui tous applaudirent . le jour étant arrêté pour exécuter cette farce , on eut soin de mettre l’acteur en évidence . Voici le plan du dialogue.

J’étais souffleur ; ce jour même , en dînant , le vieil officier avait beaucoup loué ma complaisance . Le prélude de la pièce qui devait se jouer , était un compliment flatteur qu’un jeune officier faisait aux dames. Il cherche un mot, je le souffle un peu haut. – Plus bas, monsieur ! – Volontiers ; je le souffle une seconde fois . – Plus bas vous dis-je !

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