
- Monsieur , la mi la de vos ordres me paraît un peu haut …. Mais n’importe … Sa mémoire manque, je ne le souffle point . Soufflez donc ! …. Je souffle mal ». Le jeune homme se défère , frappe du pied et me dit : » Quand on ne sait pas souffler , il ne faut pas s’en mêler. –
Quand on n’a point de mémoire , on ne joue pas la comédie …. » Le vieux lieutenant colonel, pendant ce temps , jouait la pantomime. Je pose le cahier et fais semblant de m’en aller ; alors il monte sur le théâtre, et sermonne le jeune homme qui le persifle avec respect et esprit. L’humeur s’en mêle dans ce moment , on claque des mains , et l’on complimente le lieutenant – colonel sur ses talents dramatiques ;
Il me fit en riant le geste de la menace et prit la chose très bien . Le dénouement fut la délivrance d’un jeune officier aimable , mis aux arrêts pour une fredaine légère , une députation , fut le chercher pour être témoin du spectacle, et danser après. Je reçois une lettre d’un de mes amis de Bourgogne qui, sur l’examen d’une petite carte, s’était persuadé que Guise et Valenciennes étaient fort près l’une de l’autre ; il me prie au nom de l’amitié , de sa famille, et de sa fortune, d’aller examiner les mine d ‘Anzin, et de lui donner des détails parce qu’il a trouvé du charbon de terre, et qu’il médite une exploitation très utile.
Je me rends sur les lieux , au mois de Janvier, malgré le froid rigoureux et une neige d’une abondance extraordinaire . L’amitié ne connaît point de barrière.
Je me présente pour descendre dans la mine , on veut me mettre dans le panier avec lequel on tire le charbon , rien de plus commode sans doute, mais la corde me paraît usée et la poulie en assez mauvais état ; mon raisonnement était simple , il s’agissait de confier ma vie au hasard , ou à mon adresse, il n’y avait pas à balancer pour le choix.