
je voulus descendre par le puits. « – Vous êtes bien gros , monsieur , me dit un mineur ; peu d’hommes de votre taille sont aussi hardis que vous. –J’ai bon pied, bon œil, et de la force ; prêtez-moi votre chapeau, attachez-y une chandelle, donnez-moi une veste de mineur et je vous paierai bien. » Affable convenablement, je descends plus de cents toises sur une échelle de fer perpendiculaire, et j’arrive au fond de la mine, en faisant partout mes observations sur le jeu des pompes. J’avais une boussole, j’examine la direction des filous, les machines , les instruments , j’interroge les ouvriers sur l’exploitation, je vois comment on soutient les partis exploitées, je dessine , je prends note de tout , avec la plus scrupuleuse exactitude. Je ne crois pas exagérer en disant qu’il y a au moins cinq mille cordes de bois dans cette mine , pour soutenir et former des galeries. L’air , en lui , était chaud et dilaté ; je remonte , la colonne atmosphérique pressant sur ma tête, me fait trouver mal au milieu de l’échelle perpendiculaire. Il n’est guère possible de se trouver dans une situation plus terrible ; Un homme me suivait , je le prie de me soutenir un peu les reins, tandis que j’allais me lier avec ma cravate . Messieurs les mineurs ne sont pas des gens bien obligeants.. –« Sacredié ! est-ce que vous voulez tomber sur moi ! – c’est pour éviter cet accident , que je vais me lier , vous passerez facilement sur les doubles boulons, et vous irez me chercher du secours ; mais combien y-a-t-il d’ici au premier repos ? – Quarante échelons au plus. – Allons-y ; surtout , prenez garde à vous pour que ma mort ne cause pas la votre ».
J’arrive au repos , mais , je ne puis me soutenir, et je combine ma chute , pour tomber du côté opposé au puits. –« Allez chercher de l’eau de vie . »L’ homme revient , assez promptement , muni de cordes pour m’enlever au besoin, et d’un flacon d’eau de vie, qui me donna des forces ; pendant son absence , j’avais peut-être reçu sur le corps